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2 sept. 2018

Mes pronostics pour la sélection du Prix Vendredi, le Goncourt de la littérature jeunesse

En partenariat avec la Fondation d’Entreprise La Poste, les éditeurs Jeunesse du Syndicat national de l’édition ont initié en 2017 le premier prix national de littérature ado. Nommé « Prix Vendredi », en référence à Michel Tournier, il récompense un ouvrage francophone, destiné aux plus de 13 ans, désigné par un jury composé de professionnels. L’objectif est de mettre en valeur la richesse et la créativité de la littérature jeunesse française contemporaine. [...] Les éditeurs souhaitant participer ont pu adresser aux membres du jury un à deux livres maximum par maison, publié(s) entre le 1er octobre 2017 et le 30 septembre 2018. [...] Pour cette édition 2018, le jury est à nouveau composé de Philippe-Jean Catinchi (Le Monde), Françoise Dargent (Le Figaro), Catherine Fruchon-Toussaint (RFI), Michel Abescat (Télérama), Raphaële Botte (Mon Quotidien ; Lire), Marie Desplechin (journaliste et auteure) et Sophie Van der Linden (auteure et critique littéraire).
Source : communiqué de presse du Prix Vendredi.

Vous l'aurez compris, le Prix Vendredi, annoncé comme le Goncourt de la littérature jeunesse, revient pour une deuxième édition. L'an passé, il avait récompensé L'aube sera grandiose d'Anne-Laure Bondoux (Gallimard jeunesse) et avait décerné des mentions spéciales à Naissance des cœurs de pierre d'Antoine Dole (Actes sud junior) et Colorado Train de Thibault Vermot (Sarbacane). Le lauréat de l'édition 2018 sera annoncé le 16 octobre, après la sélection de dix titres qui sera elle dévoilée le 11 septembre. 

Après une soirée bien arrosée avec des copains et copines blogueur·euses, on a commencé à réfléchir avec Tom de La voix du livre à quoi pourrait bien ressembler la sélection cette année. Quelles ont été les sorties marquantes de l'année passée, quels ont été nos coups de cœur, quels sont les livres les plus mis en avant dans la presse dont font partie les membres du jury ? Que de questions pour un début de gueule de bois. Après une sieste bien méritée, j'ai dressé de mon côté une liste des livres suspects de se retrouver dans la sélection du Prix Vendredi. Ça donne ça...

26 mai 2018

Interview de Joanne Richoux (Les Collisions)


Les Collisions grandit si vite, le voici déjà âgé de presque deux mois ! Je me suis prise ce texte en pleine figure il y a quelques semaines et je passe depuis mon temps à le mettre dans les mains (averties) de toute personne qui croise ma route. Cela me permet ensuite de commencer de formidables conversations à base de « t'as vuuuu c'est trop bieeeen » ou de « aaaaah mais jamais j'aurais pensé qu'il allait faire çaaa ! ». Une fois l'excitation de la découverte retombée, je me suis rendue compte que la discussion la plus constructive que je puisse avoir serait avec l'autrice du livre elle-même. Je me suis lancée, et cela donne une très chouette interview que je te laisse découvrir... maintenant !

Bonjour Joanne ! Merci beaucoup d’avoir accepté cette interview. Peux-tu te présenter en quelques mots ? 

Bonjour Lucille, merci à toi de ma la proposer ! 
Moi c’est Joanne, j’ai 27 ans, je suis née en région parisienne puis j’ai migré ; d’abord en auvergne pour la crise d’ado, ensuite à Grenoble pour des études de psychologies. J’écris depuis que mes doigts sont capables de tenir un stylo, mais le réel virage professionnalisant date de l’année dernière.

22 avr. 2018

Le plaisir de relire des livres ou les coïncidences inexplicables de ma passionnante vie

Aujourd'hui je ne t'embarque pas dans une énième chronique livresque. Déjà, de un parce que cette semaine je t'ai déjà servi un avis sur le génial Les Collisions que tu devrais filer découvrir, et de deux, parce que je suis censée passer tout mon temps libre à réviser mes partiels. Ou à écrire mon mémoire. Ou les deux à la fois. Donc, normalement, à ne pas écrire des articles de blog comme la bonne procrastinatrice que je suis. Mais bon, on ne se refait pas. Je préfère traîner sur Internet - et plus particulièrement focaliser mon attention sur Netflix plutôt que sur mes cours d'analyse financière de librairie. Ah, Netflix, monopole de mon amour et du paysage télévisuel de ces dernières années. Même si j'avoue (énormément) kiffer les séries originales que le géant américain propose (The end of the f***ing world et 13 reasons why, vous avez mon cœur ♥), mon activité principale consiste à re-re-re-garder des shows archivés qui viennent d'autres chaînes et d'une autre époque. C'est ainsi que je me retrouve les matins à mater un épisode des Totally Spies, à enchaîner avec un Lie to me au hasard et à finir l'aprem avec Skins. 

Skins. 

LES GARS (et les meufs, ne soyons pas exclusifs). SKINS. LA VIE.


19 avr. 2018

Les Collisions, Joanne Richoux - Jeux dangereux

Allez, allez, je vais dire ce que tout le monde pense et on pourra passer à autre chose : la couverture brodée rappelle vachement celle d'À la place du cœur. Ça c'est fait, on peut passer à la suite. Hum, attendez, j'ai autre chose : c'est la deuxième fois qu'on trouve la réinterprétation d'un classique dans la collection Exprim. La première fois, c'était avec Songe à la douceur de Clémentine Beauvais, qui reprenait les grandes lignes des deux Eugène Onéguine de Tchaikovsky et de Pouchkine. Et depuis début avril, on peut trouver sur les tables des librairies Les Collisions, reflet des Liaisons Dangereuses. 

Les Liaisons Dangereuses, donc. On va jouer cartes sur table, toi et moi : je n'ai jamais lu ce livre ou vu une quelconque adaptation. Vas-y, tu peux crier au scandale si tu veux. Ce n'est pas grave de ne pas avoir lu beaucoup de classiques, surtout si des livres aussi bons que Les Collisions viennent combler tes lacunes en culture générale.

Page 21, l'un des personnages principaux te pitche l'histoire comme un roi. Fin XVIIIe, la Marquise de Merteuil charge Valmont de la venger de l'un de ses anciens amants, Gercourt, en séduisant son innocente promise, Cécile de Volanges. Valmont s'exécute, tout en convoitant une autre femme, la vertueuse Madame de Tourvel. D'autres personnages gravitent autour de ces deux nobles manipulateurs, comme Danceny, le maître de musique de Cécile. Bref, ça c'est pour la version originale. Dans le remake spécial Collisions, le décor de ces intrigues n'est pas une cour libertine mais un lycée banal. On y trouve des ados populaires, paumés, premiers de la classe ou encore rebelles. Ici, pas d'échanges épistolaires ; les manipulations de Merteuil / Valmont 2.0 se font en direct live devant nos yeux effarés. Ils sont jeunes, dangereux et n'ont aucune limite.

7 févr. 2018

Les Insoumis du blizzard, Fanny Abadie - Post-apo glaçant

2330. Le monde est dévasté par un blizzard mortel. Les derniers survivants se sont réfugiés sur le continent africain, mais quelques insoumis continuent d'occuper les villes peu à peu ensevelies sous la neige. Tu vas suivre une communauté réduite qui occupe la Vieille Bourse de Lille. Elle est composée de six jeunes de 10 à 16 ans et de cinq adultes, dont Kelsang le chef. Leur devise est simple : RAISON, DÉVOUEMENT, DISCIPLINE. T'es pas là pour rigoler : tu la boucles quand ton estomac crie famine, tu n'as le droit à aucune possession pour éviter les convoitises, tu respectes le strict emploi du temps, en bref, tu obéis à Kelsang sinon tu finis au frigo (comme s'il ne faisait pas assez froid). Les jeunes se sont habitués à ce système contraignant et trouvent chacun des combines pour le contrer. Bon, ils sont courageux mais pas téméraires et ne rebellent vraiment. Après tout, ils font partie d'une communauté, il faut se serrer les coudes ! Mais tout va changer lorsque deux des jeunes filles, Nejda et Liv, ont leurs règles pour la première fois.

Leurs règles. Je suis bien d'accord, c'est un élément perturbateur pour le moins étonnant. Mais on comprend à demi-mot que cela fait des décennies que l'espèce humaine a abandonné la procréation naturelle et conçoit directement les bébés en laboratoire pour leur offrir le meilleur patrimoine génétique possible. À cause de ces trifouillages biologiques excessifs, les organes reproducteurs humains ont perdu de leur efficacité pour devenir finalement inutiles. Donc quand il fait -20000°C dehors, que les laboratoires sont inaccessibles, et qu'on est plus que onze dans un rayon d'une centaine de kilomètres, perpétuer l'espèce se révèle un peu compliqué. 
Jusqu'à ce que les deux filles aient leurs règles. 
Sauf qu'elles ne savent pas ce que c'est.
Sauf que les adultes, eux le savent. Et ils ont un plan.

28 nov. 2016

Le Monde de Charlie, ou le meilleur livre pour adolescents

Je vous avais déjà parlé en 2013 du Monde de Charlie dans cet article. À l'époque, je découvrais seulement la collection Exprim et je présentais quelques romans, dont celui-ci. J'en disais :

« Charlie est un personnage très attachant. On va le suivre pendant un an, vivre toutes ses aventures avec lui. Il va vivre du bon, il va vivre du mal, il va enchaîner les expériences. Il va évoluer, bien entendu, pendant tout le roman.
Ce livre est une très bonne surprise, un petit coup de cœur, même ! Je me suis attachée à chaque personnage et pris énormément de plaisir à suivre leurs aventures.
Je n'ai pas vu le film, mais je vous laisse avec une image et la bande-annonce !
»

J'ai envie d'attraper mon moi de 2013 pour lui hurler à la figure : « SEULEMENT un PETIT coup de cœur ?! ». Parce qu'au fil des années, ce livre a grandi en moi au point de prendre une place très importante dans ma bibliothèque et dans ma vie littéraire. Je souhaite revenir sur Le Monde de Charlie, rendre justice par une chronique à ce magnifique livre qui doit être (re)découvert par le plus grand nombre. C'est parti.


23 oct. 2016

Les évadés du bocal - Bruno Lonchampt

Premier constat : woh, cette couverture arrache les yeux ! Je ne vais pas me lancer dans une analyse complète, mais en bref, ces lignes trompe-l’œil représentent bien la folie et le déséquilibre de nos personnages.

En effet, cette aventure met en scène trois échappés d'un asile psychiatrique, persuadés que la société entière est prise dans une gigantesque conspiration. Leur folie en bandoulière, ils vont traverser la France, tout en redoublant d'ingéniosité pour déjouer les machinations autour d'eux. On suit ainsi Yves, le meneur parano altermondialiste, Sandro, jeune schizophrène obsédé par les chauves et Lisa, bavarde insatiable et paumée. Ce trio est attachant, bien que donc sacrément agité du bocal.

14 sept. 2016

Les Fragiles - Cécile Roumiguière

ill. Claudine Devey
Nous faisons la connaissance d'Andrew, petit garçon de neuf ans qui est témoin du racisme ordinaire de son père. Puis on retrouve Drew (encore Andy pour sa mère), dix-sept ans, qui s'efface devant son père, qui lui n'a pas changé. Le décor est planté : nous sommes dans le tristement banal quotidien d'une famille dont les membres se croisent, sans vraiment s'aimer et se détruise sans en prendre conscience.

Alors oui, ce n'est pas un livre très joyeux. C'est un livre à lire d'une traite (à peine 200 pages), pour ne pas laisser traîner cette tristesse. Mais bon, peut-être que les personnages vont connaître une grande évolution, qu'ils vont ouvrir les yeux sur yeux et que tout se terminera dans un éclat de bonheur et de félicité ? Ce n'est pas gagné. Ce roman tend à nous projeter sans ménagement dans la réalité.

Et dans la réalité, tout n'est pas noir ou blanc. Les personnages qui gravitent autour de Drew sous tour à tour mis sous le feux des projecteurs de la narration, nous permettant ainsi de nous rendre compte que chacun d'eux est... gris. Aucun d'eux n'est fondamentalement méchant ou mauvais.

17 mars 2016

Quelqu'un qu'on aime - Séverine Vidal

Quelqu'un qu'on aime de Séverine Vidal
France

Édité chez Sarbacane, collection Exprim' - 2015

288 pages - 15,50 €

Matt et son grand-père Gary partent à la poursuite des souvenirs sur les routes de l'Ouest américain.


Embarquez dans un road trip pour partager les destins d'une véritable « famille de route ».
Des histoires atypiques, des personnages terriblement attachants, des générations qui se croisent...
... pour un roman bouleversant.


Un road-trip touchant et mélancolique...
Une folle aventure qui donne son sens au mot 
« famille » !

Quelqu'un qu'on aime c'est un petit roman que j'ai pris par hasard sur une table de bibliothèque. Bien sûr, j'ai immédiatement repéré qu'il s'agissait d'un Exprim' - ce qui est en soi un gage de qualité, mais le nom de l'auteure m'était totalement inconnu (Séverine Vidal a déjà publié beaucoup de livres pour enfants - j'ai fait quelques recherches !).

Donc. Quelqu'un qu'on aime. Je me suis glissée un soir entre les pages de ce livre, doucement, en me demandant où j'allais tomber. On fait rapidement la rencontre des personnages centraux : 

  • Matt, la vingtaine, qui vient de découvrir qu'il est papa d'une petite Amber de 18 mois... ce qui contrarie plutôt ses plans
  • Gary, le grand-père de Matt, peu à peu atteint de la maladie d'Alzheimer
  • Antonia, une jeune femme partie faire un entretien d'embauche
  • Luke, 16 ans, fugueur
Cette petite bande va se rencontrer, se rassembler et s'apprivoiser au gré du hasard. Matt a promis à son grand-père de traverser avec lui les États-Unis sur les traces d'une tournée de Pat Boone, un crooner des années 50. Il espère que revivre avec ce road-trip avec lui permettrait de s'y retrouver dans ses souvenirs... Alzheimer fait doucement son ravage, changeant l'esprit du vieux Gary. Passé, présent, identité, tout se mêle dans sa tête, mais l'image du fameux Pat Boone reste gravée en lui. Il veut retrouver sa mémoire de jeunesse ! À l'arrière d'un van, les deux compères installent un siège bébé pour emmener avec eux la petite Amber et partent à l'aventure. Antonia et Luke les rejoindront de manière totalement imprévue et spontanée !

« Et pendant que Luke et Matt se lancent dans une longue farandole de prénoms masculins, Edgar, Luis, Reid, Richard, Don, Chad, Max, Jack, Philipp, Bill, Nick... elle sait que c'est là qu'elle doit être. Qu'elle a trouvé sa place. À l'arrière d'un van à huit places, roulant vers la Californie, à côté d'une môme de 18 mois qui renifle en appelant « maman », d'un vieux qui porte la casquette de son petit-fils à l'envers et l'appelle Antonella, d'un ado qui regarde par la vitre en arbitrant une course de gouttes de pluie et d'un tout nouveau papa qui attend que le feu passe au vert. »
Et nous avons notre petite équipe. Et qu'est-ce que ces personnages peuvent être attachants ! 

Comprenez bien : durant ma lecture, j'avais vraiment l'impression d'être partie en voyage avec ces gais lurons. Ils ont tous leur personnalité, leur caractère et leurs secrets. On ne cesse de les découvrir de page en page et de s'attacher à eux. On les aime. On ne veut plus les quitter. Leur road-trip est captivant, triste parfois, mais toujours plein d'espoir. 

Quelqu'un qu'on aime est une aventure complète. Déjà, l'idée de partir sur les traces de la tournée de Pat Boone est totalement folle. Ensuite, ce n'est pas qu'un simple road-trip. C'est bien plus que cela. C'est l'occasion pour nos personnages de se questionner sur eux-mêmes - sans tomber dans le drame, ne vous inquiétez pas ! - et de profiter chacun à leur manière de la vie. Ce livre nous hurle : Profitez ! Rien n'est perdu ! Tout est possible ! Et c'est beau ! Et on y croit ! 

Cette famille hétéroclite, unie par les liens du sang, de l'amitié, de l'aventure nous livre ainsi un formidable message. La plume de Séverine Vidal est superbe, teintée de nostalgie et de joie. On passe en compagnie de ce livre un moment doux, apaisant... et ça fait du bien. Ça fait du bien, des petits livres comme ça. On aimerait en lire plus souvent, émerger de notre voyage comme ça, avec les yeux embués et un petit sourire émerveillé sur les lèvres...


18 janv. 2016

Dysfonctionnelle - Axl Cendres

Dysfonctionnelle d'Axl Cendres
France

Édité chez Sarbacane, collection Exprim' - 2015

305 pages - 15,50 €

Fidèle, alias Fifi, alias Bouboule, grandit dans une famille dysfonctionnelle.

Papa enchaîne les allers-retours en prison, Maman à l'asile.

Mais malgré le quotidien difficile, Fidèle vit des moments de joie, entourée de ses six frères et soeurs, aux prénoms panachés : Alyson, JR, Dalida, Jésus... Cette tribu un peu folledingue demeure « Au bout du monde », le bar à tocards que tient le père dans Belleville.
À l'adolescence, la découverte de son intelligence précoce mène fidèle à « l'autre » bout du monde : un lycée des beaux quartiers où les élèves regardent de haut son perfecto, ses manières de chat de gouttière.

Mais c'est aussi là que l'attend l'amour, le vrai, celui qui transforme... CELUI QUI SAUVE.


NON, ce n'est pas un énième livre sur l'adolescence, sur les aléas de la vie, sur les problèmes du quotidien.
DYSFONCTIONNELLE, c'est un livre sur une existence, sur les aléas de la vie mis à mal par une héroïne qui ne se laisse pas faire, sur les problèmes du quotidien toujours surmontés avec courage et humour. 
Ce point, étant éclairci, nous pouvons passer à la chronique de ce livre que j'ai diablement aimé. 

Vous l'avez compris en lisant le résumé, on partage la vie d'une famille dysfonctionnelle. Le père est Kabyle musulman, dans toutes les magouilles et gère avec son frère ingénieux le bar « Au bout du monde ». La mère est Polonaise, juive d'origine mais convertie au catholicisme suite à son traumatisme des camps de concentration, dérangée et perdue. Ils ont sept enfants - accrochez-vous bien - Dalida la peste, Alyson la mièvre, Marilyne l'engagée, JR le dragueur, Jésus Jésus (vraiment), Grégorio le bagarreur. Et Fidèle « Fifi » ou « Bouboule », notre narratrice. 
Vous êtes toujours là ? Nous ne sommes qu'aux premiers chapitres, qui nous présentent tour à tour les membre de cette drôle de famille. Une fois le décor planté et les détails assimilés, nous sommes partis pour 300 pages de joie et de rire, mais aussi de douleur et de tristesse. 

Parce que oui, Dysfonctionnelle nous fait à peu près passer par toutes les émotions possibles et inimaginables. L'écriture d'Axl Cendres est drôle, tendre et immersive. Avec un style parfois à la limite de l'oralité, on est d'autant plus emporté dans cette famille qui ne va pas toujours bien.

Certes, ils s'aiment tous. Mais l'unité de cette tribu est souvent mis à mal par les convictions de chacun. Les différences ont parfois du mal à cohabiter. Les coups de gueule pleuvent, les coups durs aussi. Les enfants gravitent dans un environnement à part, ce qui leur posera pour la plupart des problèmes d'intégration.

Mais ils ne s’apitoient pas sur leur sort, au contraire ! Ce sont leurs différences qui les rendent plus forts. Fifi, par exemple, porte cela comme une fierté. D'une intelligence précoce, elle va être amenée à fréquenter une école dans les beaux quartiers de Paris. Ses manières dénotent, eh bien elle n'en a que faire ! Elle a été élevée en assistant aux bastons du « Au bout du monde », réglée fissa par son papa qui en impose, alors pas question de changer pour faire plaisir aux autres. Elle est comme elle est, point !
Fifi, notre narratrice, est un personnage attachant que l'on va suivre durant les grandes périodes de sa vie. On commence par son enfance dans un bunker, puis son arrivée dans la famille, ses habitudes, sa tendresse pour sa mère si perdue, sa grande gueule, sa sincérité, sa scolarité, sa rencontre avec Sarah. Puis des années de hauts et de bas, des questionnements sur soi... C'est un personnage profondément humain. C'est par son regard qu'on découvre sa famille, qu'elle souhaite protéger et garder unie. 

Dysfonctionnelle c'est un livre que je qualifierai de « livre nostalgique ». Je sais, c'est une appellation très étrange, et j'ai du mal à définir concrètement ce que j'entends par là. Du fait que l'on s'attache à une famille et plus particulièrement à l'évolution d'un personnage, c'est d'autant plus difficile de refermer le livre. On a envie de rester pour toujours dans le quotidien de cette folle tribu. Mais la vie continue... et nous sommes obligé de leur dire au revoir. 

Dysfonctionnelle c'est donc une histoire dans laquelle on s'immerge totalement, de vastes thématiques abordées (les différences de culture, la religion, l'homosexualité...) et surtout des personnages plus qu'attachants. À lire de toute urgence pour découvrir cette famille incroyable !

○ La page Exprim' Sarbacane

○ Mon big article sur la collection Exprim' dans lequel j'évoque deux autres publications d'Axl Cendres : Échec et But et La Drôle de vie de Bibow Bradley (où on retrouve encore des histoires partant d'un bar et avec des personnages à part !)

5 nov. 2015

100 000 canards par un doux soir d'orage - Thomas Carreras

100 000 canards par un doux soir d'orage de Thomas Carreras
France

Edité chez Sarbacane, collection Exprim' - 2015

300 pages - 16 €

Anatidaephobia (n.f.) : Peur panique à l'idée d'être observé par des canards.
Quand Ginger, 18 ans, débarque à Merrywaters - le bled le plus paumé d'Angleterre - pour assister à un festival de musique, elle est loin de se douter que les canards seront aussi nombreux dans le coin. Ni qu'il commenceront à l'espionner...
La suite ? Ah non, c'est tout, on ne vous dit plus rien !

Attention : la lecture de ce roman peut changer à jamais votre vision des canards ! 

Difficile de ne pas comparer 100 000 canards au 1er roman de Thomas Carreras, surtout quand ce deuxième O.L.N.I. (Objet Littéraire Non Identifié) est encore plus fou !

50 cents nous narrait la formidable quête d’une pièce de monnaie ayant le pouvoir de donner une chance extraordinaire à son possesseur. Gangsters de tout poil, policiers, simples civils, tout le monde avait quelque chose à voir avec cette fameuse pièce magique.

100 000 canards a un scénario encore plus taré. Tout part d'une jeune fille venant bosser dans un bar en attendant l'ouverture d'un gros festival de musique, pour finir en catastrophe apocalyptique ! Un indice : les canards y ont un rôle important. 

Tout est dans la surenchère et le n’importe quoi, mais c’est ça qu’on aime ! Thomas Carreras est en roue libre, nous emportant dans son délire phobique de canards. Il nous transporte dans son Merrywaters complètement dingue où tout peut arriver – et où nul n’est à l’abri. C'est fou et fouillis, mais on finit par retomber sur nos pattes (de canard). Comme d’habitude, des personnages hauts en couleur et des geysers de sang sont au rendez-vous. Par contre, certains éléments auraient gagné à être plus développés et à gagner en profondeur, bien que l’intrigue aille à tout berzingue. Les personnages, moins nombreux que dans 50 cents, sont intéressants à suivre, bien que je ne me sois pas réellement attachés à eux. J’ai eu tendance à vite les confondre dans la précipitation de l’intrigue et à perdre mes points de repère…


Oui, bon je sais qu’il ne faut pas comparer les livres entre eux et qu’il faut donner sa chance au nouveau, mais néanmoins 50 cents reste mon Carreras préféré. La patte (de canard) littéraire de l’auteur, c’est-à-dire un langage oral, quasi vulgaire mais toujours dans la trouvaille stylistique est toujours présente. Les références à des films sont bien entendu disséminées dans le livre, et s’ajoutent à cela des clins d’œil musicaux vraiment amusants (spoiler : Stevie Wonder a un rôle très important dans cette histoire). On est en plein dans la rock culture !

En bref, toujours aussi barré ! Les fans de 50 cents qui cherchent les mêmes délires what-the-fuckéens ne seront pas déçus. Pour les autres, ce roman reste joyeusement violent et surtout horriblement canardesque !

○ La page Facebook de Thomas Carreras
○ La page Exprim' Sarbacane

○ Mon big article sur la collection Exprim'

Les projets de l'auteur >>>
« Hey les gars,
[...] Je ne suis PAS en train de travailler sur un troisième roman jeunes adultes français. MAIS je bosse un scénario pour un film Canadien.
Le film s'appelle SUN DANCING THE RAIN, et ça parle de trois potes qui décident impulsivement de kidnapper une fille juste pour le fun, et de l'emmener avec eux sur un road-trip de fou de Montréal à Vancouver. Imaginez un mix de INTO THE WILD et PULP FICTION.
J'ai commencé à écrire le scénario en Mai (en anglais) et l'ai fini il y a deux semaines. Hier soir, j'ai eu le feu vert d'un producteur Canadien, donc maintenant l'idée est de chercher des acteurs et du pognon. Mais ça a l'air bien parti.
[...] avec un peu de bol, d'ici un an ou deux ou trois, vous pourrez aller voir un film au cinoch ! [...] !
Tom »

31 mars 2015

Comme des images - Clémentine Beauvais

Comme des images de Clémentine Beauvais
France

Edité chez Sarbacane, collection Exprim' - 2014

204 pages - 14.90€

Il était une fois... des ados sages comme des images, au prestigieux lycée Henri-IV, à Paris. Un lycée où les élèves se voient déjà en avocat, en médecin, en ministre. 
L'histoire commence le jour où Léopoldine a rompu avec Timothée pour Aurélien. Ou bien le jour où Timothée, par vengeance peut-être, a envoyé un mail avec une vidéo de Léopoldine, à tout le monde. Ses amis, sa sœur jumelle Iseult, les profs, les lycéens, les parents ; TOUT LE MONDE.


Dans la littérature jeunesse, on est habitué à lire des histoires se déroulant dans des lycées américains ou anglais. Mais avec Comme des images, on est plongé dans l'ambiance du prestigieux lycée Henri-IV de Paris, où élitisme et compétition sont les maîtres mots des élèves.
C'est dans ce monde à part que nous découvrons nos personnages, à la fois fascinants et réalistes. Il y a les jumelles, Iseult et Léopoldine - "Léo", totalement opposées. Léo se sert des gens, jouant avec eux. Elle vient de larguer Tim pour un autre gars. Elle le peut, elle le fait. Iseult est plus discrète, réfugiée dans ses dessins. Entre elles gravite notre narratrice anonyme. C'est la meilleure amie de Léo mais disparaît derrière elle ; se croyant donc meilleure amie irremplaçable, elle n'est en réalité qu'une fidèle ombre.

« T'as eu raison de casser, t'as eu raison ; casser, c'était la seule solution. C'est ce qu'on appelle de l'ironie tragique. On ne savait pas, à ce moment-là, qu'il y aurait quelqu'un d'autre dans cette histoire qui serait véritablement cassé, cassé comme ces petits oiseaux qui volent tout droit dans les fenêtres. A ce moment-là, on ne voyait pas la vitre ; juste le monde entier au-delà, par transparence. »

Le jour où un scandale touche Léo, la jeune fille ne laisse rien paraître. Elle est assez forte pour passer au-dessus de cela, mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Les images, quelles qu'elles soient peuvent briser les autres ; ce livre nous l'enseigne avec cruauté mais réalisme.

Dans ce livre, nul n'est épargné. Les personnages jouent avec les apparences, vivants dans une autre sphère que la nôtre ; ils sont riches, leur futur est déjà tout tracé... Les parents sont derrière eux. D'ailleurs, lorsque le scandale éclate, des extraits de mails du père des jumelles sont intercalés avec les chapitres. On a un autre regard sur cette affaire, mais c'est un regard pragmatique et détaché. D'autres extraits de conversations sms, rédactions, ou règlement intérieur apparaissent, nous montrant ce à quoi peut ressembler le quotidien de tous ces personnages.
Dans la spirale du scandale où tous sont entraînés, les professeurs ont aussi un rôle à jouer. Mais ce sont avant également les humains, avec parfois des réactions déplacées, voulant souvent faire le bien. D'autres personnages ne se priveront pas de dévoiler leurs pensées.
Compréhensifs, froids, choqués, perdus,... les personnages sont le principal atout de cette histoire.

« Ce que je comprends alors : on ne s'aime pas les uns les autres. Ou du moins, pas souvent. On s'utilise pour des questions de dignité ; pour que l'image qu'on renvoie aux autres soit la même que celle qu'on a de nous-même. »

Derrière ce titre très bien choisi, ce livre traite de la question fondamentale et délicate de l'identité. Nous sommes comme des images, mais qui se sache derrière toutes ces apparences ? Notre narratrice, dont nous ne connaîtrons jamais le prénom, est totalement cachée par Léo. Sans elle, elle perd tous ces points de repère, sans elle, elle n'est plus rien. Du moins, c'est ce qu'elle croit. Il faudra qu'une catastrophe arrive pour qu'elle prenne conscience de sa propre existence et qu'elle ouvre les yeux sur le monde qui l'entoure. 

Un livre percutant et perturbant, qui reste en tête longtemps. 

9 févr. 2015

Je suis sa fille - Benoît Minville

Je suis sa fille de Benoît Minville
France

Edité chez Sarbacane, collection Exprim' - 2013

253 pages - 14.90€

C'est l’histoire de Joan, qui a été élevée par son père sur fond de hard rock et de westerns. 
C'est l'histoire du père de Joan, un visage de plus écrasé par le Grand Capital. 
C'est l'histoire de Hugo, le meilleur ami de Joan, qui décide de l'accompagner quand elle hurle : 
IL FAUT QUE ÇA CHANGE ! 
JE VEUX QUE ÇA S’ARRÊTE ! 
ON VA TUER LE GRAND PATRON ! 
Deux ados embarqués dans un road-trip ébouriffant, sur la N7, direction Nice...
Ils ne savent pas ce qui les attend. L'aventure. L'amour. Les rencontres.
FUCK LA CRISE, VIVE LA VIE !


Le père de Joan est tout pour elle. Elle est sa fille, elle l'aime de tout son cœur. Alors quand il déconne et se retrouve à l'hôpital, licencié, paumé, elle a envie de tout foutre en l'air, pour lui. Elle est sa fille donc elle le peut. 
Joan et son meilleur ami Hugo partent sur un coup de tête dans la superbe Ford Mercury tracer la  N7 avec un désir de vengeance. Sa colère refoulée lui serre la gorge et ne demande qu'à sortir. Elle sait qui va payer : lui, le Grand Patron Français, qui piétine les hommes comme s'ils étaient des moutons de poussières insignifiants. Elle, Joan, 16 ans, veut lui faire face avec sa haine et une arme froide dans son poing. 

Mais ce que ce livre nous apprend, c'est que malgré cette haine et malgré le chagrin à l'origine de cette histoire, il y a de belles choses qui pavent notre route. Au fil des étapes et des rencontres inattendues, des amitiés se resserrent, se créent, pour former un peu de beauté dans ce monde dégueulasse. Le soleil a le pouvoir de percer le ciel gris de cette course à la vengeance. On peut aussi faire un bon gros plein de vie entre deux suffocations meurtrières. 

Trois jours, c'est le temps que dure la traversée du pays pour buter cette pourriture de Grand Patron. Mais c'est pas long, c'est le temps de sombrer dans le désespoir et d'en ressortir grandi. Trois jours, c'est aussi le temps d'une lecture échelonnée pour s'imprégner des mots incisifs de Benoît Minville, qui tracent la route de Joan en bouffées d'émotions et en pensées confuses. On ne peut que savourer son écriture originale qui nous catapulte dans la tête de notre héroïne qui pourrait être nous quand on a envie de tout casser. A lire de toute urgence.

○ La page auteur de Benoît Minville
○ Exprim' sur Facebook
○ Mon big article sur la collection Exprim'

○ La dernière parution de Benoît Minville : Les Géants
et l'avis des copains blogueurs dessus : 
- Nathan : « Assez court, mais terriblement intense. Rapide, mais puissant. Difficile, mais inoubliable. »
- Théo : « Ce roman est bel et bien l'un des meilleurs de l'année 2014. Il délivre, à l'aide d'un style sans précédent, une puissante quête vers la vérité, la liberté et l'âge adulte. Benoît Minville émeut le lecteur autant qu'il le brusque, alternant vérités cinglantes et claquantes et moments de partage entre deux ados liés par la famille, l'océan et une touchante et profonde amitié. »

23 déc. 2014

Je reviens de mourir - Antoine Dole


Je reviens de mourir d'Antoine Dole
France

Edité chez Sarbacane, collection Exprim' - 2008

135 pages - 8.50€

Marion aime Nicolas à ce point : jusqu'aux coups, jusqu'aux « clients » qu'il la force à voir. Elle s'emploie à le contenter, il s'emploie à l'anéantir.
Autre histoire, autre "conte défait", Ève dévore les hommes, usant du sexe pour tuer l'amour dans l'œuf... Jusqu'au jour où David tente de gagner sa confiance. Du destin de l'une dépendra la survie de l'autre.



Marion. Eve.
Deux voix en parallèle qui s'opposent et qui se confondent. Deux vies gâchées qui nous sont livrées en échos. On a le « je » violent et désespéré de Marion, contrainte à voir ces hommes qui la dégoûtent afin d'obtenir un peu de reconnaissance dans le regard de Nicolas. Et de l'autre côté, c'est Eve, qui paraît libre de tout mais qui est prisonnière sans s'en rendre compte.
Deux vies, deux voix, deux filles.

Ce petit livre se lit d'une traite, la respiration suspendue et l'estomac noué. La violence des mots est choquante, mais nécessaire. A mettre dans des mains averties et préparées, du coup.
Mais des livres puissants comme Je reviens de mourir font parfois du bien. On sort des sentiers battus de la littérature pour ado pour se retrouver dans une histoire qui se heurte à la réalité. Ça fait mal, ça nous met la tête à l'envers et ça nous donne envie de tout casser. L'écriture d'Antoine Dole nous prend aux tripes et nous laisse un souvenir impérissable en mémoire.

Il n'y a pas besoin d'en plus, si ce n'est qu'ajouter que c'est un livre qui va vous poursuivre longtemps.

« Elle redessine une bouche, trace un contour là où se trouvaient les yeux. Elle pleure. Elle éponge le sang avec un peu de coton. Elle sait comme s'y prendre, elle l'a fait souvent »


Numb de Linkin Park, une musique piochée dans la playlist du livre et qui se marie douloureusement bien avec

15 sept. 2013

Frangine - Marion Brunet

Frangine de Marion Brunet
France

Edité chez Sarbacane, collection Exprim' - 2013

262 pages - 14,90€

Pour moi – Joachim –, les choses se passaient plutôt bien : 17 ans, une dernière année au lycée avant le bac, des potes, et une copine (canon). Mais pour ma soeur Pauline, la rentrée en seconde s’est déroulée… douloureusement. Faut dire qu’avec deux mères et pas de père, un peu de naïveté et quelques maladresses, les emmerdes ont de quoi être tentées. Ah, j’oubliais : pendant ce temps, Maline, notre deuxième mère, se prenait la tête à cause de son boulot qui l’épuisait, ce qui foutait Maman en colère, parfois. Elle se faisait déjà assez de souci pour Pauline, fallait pas en rajouter. Dans ma famille, c’est pas l’amour qui manque, c’est sûr, mais pendant la période que je vais raconter, on a eu chacun nos épreuves – et quatre façons différentes de les affronter.


La rentrée... un évènement pour chaque adolescent. Joachim, lui, c'est sa dernière année, il est calme, confiant, tout va bien pour lui. Pauline, sa petite sœur, fait ses premiers pas au lycée.
Ses premiers pas dans l'arène serait une formulation plus juste.
Pauline, douce, naïve, va découvrir un nouveau monde où l'on est écarté dès que l'on est différent. Et avoir deux mères, ça, beaucoup ne le comprennent pas. Elle va se heurter aux moqueries, au harcèlement, à la cruauté de ses camarades.

On découvre l'histoire du point de vue de Joachim. Il se rend bien compte que sa sœur ne va pas bien, mais hésite a lui parler. Pauline préfère se renfermer, à cacher ses problèmes. Pourtant, à la maison tout pourrait la soulager. Ses deux mères, Maman et Maline, ont élevé leurs enfants dans l'amour. Même si elles aussi doivent gérer leurs soucis, notamment Maline à cause de son travail difficile, elles sont toujours présentent pour eux.

Ce livre est une histoire familiale, quatre bouts de vie réunis par l'amour. D'une magnifique écriture, Marion Brunet nous présente ces personnages et délivre un beau message de tolérance. Déjà nominé aux Pépites du Salon du Livre de Montreuil, ce livre fait partie de ceux que je conseillerai les yeux fermés à tous.
« Quand on a une vie différente, on prend ces risques-là : rejets, ruptures, critiques. On peut regretter, se cacher dans un trou. Ou alors on décide d’être bien, on se bat, on mène la vie qu’on veut, la vie comme on l’aime. »

Un grand merci à la Collection Exprim pour l'envoi de ce livre !
○ Un avis sur un autre livre de la collection, 50 cents, un coup de coeur explosif ! 

14 août 2013

Tifenn : 1 Punk : 0 - Vincent Mondiot

Tifenn 1 Punk : 0 de Vincent Mondiot
France

Edité chez Sarbacane, collection Exprim' - 2013

237 pages - 14,90€

Moi, Tifenn, 17 ans, je pars demain en tournée avec un groupe de punk. Cette phrase est très drôle et j’ai beau me la répéter à voix haute et sur tous les tons, je n’arrive toujours pas à y croire.
Mais je n’ai pas le choix : il faut que je prenne la tangente. J’ai ce truc terrible qui a fait basculer ma vie, depuis peu, et… faut que je prenne l’air ! Il y a genre 10 ans, mon grand frère Geoffrey a quitté la maison. Il y a genre 10 jours, j’ai retrouvé sa trace sur Internet. Ce crétin est devenu batteur dans un groupe de punk. Et comme moi aussi je suis un peu crétine, je me suis dit qu’il fallait que je retrouve Geoffrey, et surtout que je lui dise tout sur ce qui m’arrive. Voilà comment je me retrouve à partir sur la route en compagnie de quatre punks qui aiment trop la bière et pas assez les douches.



Tifenn, 17 ans, est bien déterminée à retrouver son frère Geoffrey, parti de la maison depuis plusieurs années. Elle veut lui apprendre l’existence de la maladie qui la ronge petit à petit. Elle réussit à le revoir, mais celui-ci s'apprête à partir en tournée. C'est ainsi qu'elle se retrouve sur la route en compagnie d'un groupe de punk dans un van crasseux à travers le pays !

Ce livre n'a que trois chapitres. On suit les aventures de Tifenn grâce au journal intime qu'elle rédige sur son ordinateur. Il y a parfois des coupures entre les événements, mais malgré cela la lecture reste très fluide. Ce sont les mots de Tifenn, ses pensées, ses humeurs, son langage et on a aucun mal à s'immerger dans son histoire. Elle va droit au but, efficace.
Tifenn, comme dit plus haut, est atteinte d'une maladie... qui reste inconnue à nous, lecteur. Une chose est certaine, elle n'en a plus pour longtemps. Des crises la paralysent, elle s'affaiblit, mais elle, elle veut vivre. Elle ne s’apitoie pas sur son sort, elle reste forte. Mais presque personne n'est au courant, et il lui semble indispensable de prévenir son grand frère.
Geoffrey... c'est le personnage qui m'a le plus agacé. Excité, irresponsable, égoïste, il m'a paru extrêmement désintéressé par sa soeur, même si heureusement cette situation finira par évoluer. Ses amis, les membres de son groupe, m'ont par contre beaucoup plu, surtout Clément, qui est finalement plein de gentillesse sous ses airs. Pendant la tournée, Tifenn deviendra peu à peu leur petite soeur à tous.

En conclusion, ce livre est touchant, tendre, mais aussi fun ! Deux petites choses m'ont tout de même déplues ; le fait que peu de groupes soient cités, à part Katy Perry, chanteuse préférée de Tifenn pour son tube Teenage Dreams qui marque les différents chapitres du livre. Cela aurait apporté un plus au livre que l'on découvre d'autres musiques, plus agressives, plus punk quoi (quoi, qui a dit que je n'aimais pas Katy Perry ? c'est vrai) ! Et la fin m'a laissé un peu dubitative. Quoi qu'il en soit, malgré ses maigres défauts, ce livre est une excellente découverte que je pense relire très vite !

Un grand merci à la Collection Exprim pour l'envoi de ce livre !

○ Un avis sur un autre livre de la collection, 50 cents, un coup de coeur explosif ! 

Pour terminer, je vous propose d'écouter un peu de Deftones. Boudant Katy Perry, c'est l'album Koi No Yokan qui a tourné dans mes oreilles durant ma lecture ! 

16 juin 2013

L'Équipée volage - Rolland Auda

L'Équipée volage de Rolland Auda
France 

Édité chez Sarbacane, collection Exprim' - 2013

371 pages - 16 €

Rêvons un peu : en 1492, Christophe Colomb n’a jamais découvert l’Amérique. Et aujourd’hui, en 1905, l’empire Incaztèque domine le monde tandis que l’Europe est une myriade anarchique de cités recouvertes par les eaux. Les mers sont peuplées de monstres mutants et de flibustiers.
Au milieu de tout cela, deux piratesses, Barbe-Marie et Rejji, tentent de découvrir une île mythique : Isocélie. Pour y parvenir, elles devront semer le cruel Phinéas Moog dans les méandres de Massilia, la Cité Flottante. Aider Conan Doyle à retrouver Sherlock Holmes. Et enfin, traverser l’Atlantique pour découvrir la solution à l’énigme du Dôme.

Atlante… Mais que cache vraiment Isocélie ?



L'Équipée volage est le septième ouvrage de la collection Exprim' que je lis. Et comme je le disais ici, c'est encore un OLNI improbable ! 

Que je vous explique un peu de quoi ça parle... 

Christophe Colomb, contraint de modifier son cap, n'a jamais découvert l'Amérique. Il a été attaqué par une mystérieuse Brume Noire... Depuis, on trouve en Europe des adorateurs de cette Brume, également nommée La Main Invisible. Ces adorateurs vont finalement renverser le christianisme et deviennent la nouvelle religion. Quelques siècles plus tard, une révolution française, néanmoins vite matée, va déchaîner le chaos et obliger les Européens à se réfugier sur les côtes. L'intérieur des terres est envahi par les marécages, et les pirates contrôlent la mer. Et un jour, tout ce beau monde se fait attaquer par les Incaztèques venus d'un lointain continent, qui soumettent rapidement l'économie européenne. 

Nous sommes maintenant en 1905, et nous suivons une bande de piratesses rêvant de trouver une île, la mystérieuse Isocélie... Notez que ce drôle d'équipage est accompagné de personnages célèbres, tels Einstein ou Sherlock Holmes : si si ! Par un douteux procédés, certains héros de romans se sont retrouvé piégés dans le monde réel. Et, oh, je ne vous l'avais pas dit ? Il se peut que vous croisiez quelques mamies-zombies, assistiez à des séances de spiritismes et goûtiez à nécromancie pendant votre lecture... 

Teddy, armé pour l'aventure !

Vous l'aurez comprit, ce livre est complètement fou ! On trouve une myriade de personnages, chacun avec un trait de caractère bien particulier, plusieurs histoires qui se croisent, se recroisent pour finalement n'en former qu'une... Ces personnages sont vraiment tous variés, uniques, et certains ne vous seront pas inconnus : j'ai cité plus haut Albert Einstein. En effet, dans cette « autre réalité », ce n'est pas un brillant scientifique, mais une loque alcoolique. On rencontre aussi des personnages uniques, comme la bande de piratesses qui ont chacune un caractère bien trempé et qui n'hésitent pas à user de tous les moyens possibles pour se faire obéir ! Cette autre réalité nous fait également redécouvrir des lieux qui nous sont familiers (Bordeaux, Marseille...) d'une tout autre manière. 
L'auteur utilise un style très oral, et s'adresse directement à nous grâce à des notes en bas de pages (ça me rappelle 50 cents, ça !), apportant quelques précisions sur l'histoire. Le tout donnant un ton peu commun et unique à ce livre ! 

J'ai globalement bien aimé L'Équipée volage, même si certaines choses m'ont déplues ; entre autres, le fait qu'on ait peu d'explications sur ce monde uchronique, beaucoup d'éléments restent flous. Mais ce flou s'accorde avec l'esprit du livre, il faut accepter de ne pas tout comprendre ! Cette lecture est originale et sort totalement de l'ordinaire. Si vous voulez vous lancez dans une aventure loufoque et pleine de surprises, ne cherchez plus, L'Équipée volage est pour vous ! 

○ Un avis sur un autre livre de la collection, 50 cents, un coup de cœur explosif ! 

Et ce n'est pas terminé ! J'ai évoqué les mamies-zombies dans cet avis... non, non, je n'en dirait pas plus sur elles ! Sachez juste qu'elles sont répugnantes et géniales à la fois ! Bref, je vous laisse avec une petite musique en rapport avec ces mamies-zombies... Ouvrez grand vos oreilles, voici Zombie, des Cranberries !