12 juil. 2018

Interview de Vincent Mondiot (Nightwork, Terrortriste, Les Mondes-miroirs...)


Si vous traînez régulièrement par ici, vous avez sans doute compris que j'ai adoré Nightwork, sorti chez Actes sud junior en octobre dernier. Je tiens à remercier mes ami·es, mes colocataires, mes collègues, les clients de ma librairie et Internet qui me supportent toujours alors que je les saoule au moins une fois par jour (environ) avec ce bouquin. Désolée. Aujourd'hui, je la ferme un peu pour laisser parler l'auteur de Nightwork - et de plein d'autres livres très chouettes, dont un à paraître en août prochain - j'ai nommé, Vincent Mondiot. Mettez-vous à l'aise, c'est un bavard. Bonne lecture !

Bonjour Vincent ! Je te remercie d’avoir accepté cette interview. Pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Hello Lucille ! Eh bien je m’appelle donc Vincent Mondiot, j’ai 34 ans, j’habite en banlieue parisienne et j’écris des livres… Même si la réalité, c’est que comme la plupart des écrivains, ce qui paie mon loyer, c’est plutôt ce que je fais à côté, à savoir être prof de français pour étrangers et réceptionniste de nuit dans un hôtel ! Sinon j’ai aussi un chat qui s’appelle Fantine et je joue Laura à Street Fighter V.

Tifenn : 1 – Punk : 0 est sorti en 2013 et Nightwork en 2017. Que s’est-il passé dans ta vie d’écrivain entre ces parutions et quel a été l’accueil fait à ces deux livres jeunesse ?
Chronique
J’ai continué à écrire ! Là je regarde mes archives en te répondant, et a priori, entre ces deux romans, j’en ai écrits trois autres, ainsi qu’une vingtaine de nouvelles. Parmi ces dernières, une ou deux ont été publiées ici et là, mais le gros est resté dans mon disque dur. J’ai également profité de ces quatre ans pour sortir la réédition de mon fanzine Terrortriste, mais je t’en reparlerai un peu plus tard !
Tifenn : 1 – Punk : 0 a été une étape importante de ma vie d’écrivain, dans le sens où ça m’a permis de réellement vivre l’envers du décor, de voir ce que signifiait être un « auteur publié »… Et j’ai surtout découvert que ça ne signifiait pas grand-chose. Ca a été globalement une expérience douce-amère, notamment du fait que, si je voulais continuer à être publié, il fallait assez clairement que je poursuive dans la voie du roman young adult, et ce que j’avais en tête comme histoires à ce moment-là n’y correspondait pas. Alors pendant quelques années j’ai tâtonné. J’ai expérimenté des choses, dans l’écriture elle-même comme dans la manière de la partager avec des gens. Je n’étais plus sûr de vouloir courir après les éditeurs.
Mais je n’ai jamais cessé d’écrire.

J’ai adoré Nightwork et j’aimerai m’attarder un peu sur le personnage de Patrick. C’est avec une voix d’adulte qu’il revient sur les évènements qui ont changé à tout jamais sa vie lors de l’année de ses 14 ans. D’où t’es venu Patrick ?
Déjà, laisse-moi te remercier pour ton avis sur Nightwork ! Je suis heureux que ce roman t’ait touchée.

Chronique
Concernant Patrick, très honnêtement, j’aurais du mal à te dire d’où il vient… Comme pour la plupart des écrivains, j’imagine, mes personnages sont en fait des agglomérats de différentes expériences personnelles, mais aussi de personnes que j’ai pu connaître, ou juste croiser. Ils sont rarement dus à une source précise, mais plutôt à la rencontre entre des dizaines de sources différentes.
Je sais en tout cas qu’avec ce roman, j’avais envie d’écrire quelque chose de réellement sombre, qui laisserait peu de place à l’espoir et au bonheur. Je voulais faire un anti-Tifenn, d’une certaine façon. J’ai donc sculpté un personnage qui était enfermé dans une vie douloureuse, à laquelle il ne pouvait que très difficilement échapper. C’est d’ailleurs pour ça que Patrick revient sur son histoire plusieurs années plus tard, en tant qu’adulte… Sans trop en dire du roman, disons que tant sa version adulte que la version adolescente qu’il raconte sont aussi « coincées » l’une que l’autre, même si de façon différente. Mais toutes les deux avancent vers une porte de sortie.

Je me rends compte que tes livres adoptent souvent une narration « rapportée », dans le sens où les personnages ont toujours du recul sur ce qui leur arrivent : Tifenn et Sarah tiennent chacune à leur manière un journal de bord, Patrick raconte ses souvenirs. Pourquoi privilégier cette manière d’écrire à une narration qui suivrait les personnages directement dans le présent ?
Pour différentes raisons, les trois romans dont tu parles (Tifenn, Terrortriste et Nightwork) sont écrits à la première personne, et bizarrement, je prends conscience en te répondant que j’ai un vrai souci à l’idée d’imaginer un narrateur intra-diégétique (qui appartient lui-même au récit) dont l’écriture serait, elle, extra-diégétique… Bon, c’est beaucoup de mots inutilement compliqués, désolé ! En gros, je crois que j’ai un besoin un peu névrotique, si mon récit est à la première personne, d’inclure l’écriture dudit récit dans le récit lui-même… Merde, c’est toujours aussi compliqué ! Non mais tu comprends ou pas ? Je veux donner une explication au fait que le personnage nous raconte son histoire, quoi !
Lorsque j’écris à la troisième personne, en revanche, ça me libère complètement de cette question.

La plupart de tes personnages sont des adolescents un peu paumés : Tifenn (Tifenn : 1 - Punk : 0) et Sarah (Terrortriste) ne savent plus vraiment où elles en sont dans leurs vies, Patrick est face à une situation qui le dépasse. Qu’est-ce qui te plait autant dans l’élaboration de ces portraits d’ados ?

Je vais enfoncer des portes ouvertes, mais l’adolescence me semble être une période propice aux émotions fortes et aux changements drastiques de personnalité et d’attitude. C’est là qu’on commence à réellement développer son identité à soi, qu’on s’affranchit progressivement de l’influence des parents, de l’autorité… On expérimente plein de choses, que ce soit le sexe, la drogue, l’alcool, ou plus simplement l’amour, la tristesse, l’indépendance. On y vit ses premiers voyages entre potes, ses premiers chocs artistiques et intellectuels, ses premières ruptures, on sort de sa zone de confort, sur tous les plans… Ce bouillonnement d’expériences nouvelles est une mine d’or, pour un écrivain.
Je sais que pour moi, ça a été une période super riche et importante, et un peu par défaut, lorsque j’imagine une histoire, j’ai très souvent un ou deux adolescents qui traînent dedans, s’incrustant naturellement dans mon imagination. Ce sont des personnages qui sont capables d’excès, de réactions et de pensées extrêmes, bien plus que des adultes qui ont davantage à perdre et qui sont installés dans un confort un peu anesthésiant. Pour un écrivain, c’est souvent plus difficile de mettre un personnage adulte en mouvement, tandis que les adolescents ont tendance à l’être naturellement.

Deux de tes personnages (Tifenn et Sarah) sont dans cet entre-deux flou de la fin du lycée et du début des responsabilités de l’âge adulte. Pourquoi te focaliser sur ce moment en particulier ?
Chronique
Sarah, de Terrortriste, l’est même carrément ! Elle n’est plus qu’à quelques centimètres des portes menant à l’âge adulte…
C’est un moment que je trouve fascinant, plus encore que l’adolescence elle-même. Ce moment où on réalise que bientôt, les ordres des parents, les échéances des examens de fin d’année, les contrôles à réviser, tout ça sera terminé, et que plus personne n’attendra rien de nous… Qu’on sera réellement livrés à nous-mêmes, qu’on sera pleinement responsables de nos échecs et de nos réussites. On accède à une liberté, à un contrôle sur soi-même, qui sont à la fois libérateurs et terrifiants. Se rendre compte qu’on pourrait s’arrêter là, se trouver un boulot alimentaire, un petit appart, et ne plus bouger jusqu’à notre mort… Vers la fin du lycée, et encore plus durant les quelques années qui suivent, c’est là qu’on réalise, en général, que si on veut « faire quelque chose de notre vie », il n’y a que nous-mêmes qui pouvons nous en charger. Le monde ne nous attend pas, n’a pas besoin de nous, ne nous connaît pas. En sortant de l’adolescence, nous devenons nos propres maîtres. Ça fait peur, mais il n’y a pas d’autres voies pour être libres.

La musique a une place de choix dans tes livres avec par exemple Sarah qui chronique avec passion les albums pop, punk et/ou rock tirés de sa « besace aux milles merveilles » ou avec Tifenn, fan de Katy Perry, qui part en road-trip avec un groupe de punk. Comment la musique influence-t-elle ton écriture ?
De manière très directe, j’écris toujours en musique, même si j’ai désormais du mal à écouter des titres avec du chant… J’écoute plutôt des albums de post-rock ou d’electro, quand j’écris, sinon j’ai tendance à me faire influencer et à placer dans mes phrases certains des mots que j’entends, inconsciemment !
Mais de manière plus large, la musique est une énorme influence pour moi, dans l’écriture comme dans les autres aspects de ma vie. C’est un pan extrêmement important de mon quotidien, je passe un temps considérable à écouter des nouveaux disques, à chercher les titres rares des groupes que j’aime… Durant ma propre adolescence, j’ai en fait découvert la scène punk indépendante, et je ne m’en suis jamais totalement remis. Depuis presque vingt ans, je reste en permanence à l’affût de mon prochain choc musical. Le temps passant, ils sont de plus en plus espacés les uns des autres, mais ils arrivent encore ! Les derniers en date étaient la Galloise Marina and the Diamonds ainsi que le duo de rap PNL, dont l’univers a d’ailleurs été l’inspiration première pour Nightwork ! Les lecteurs qui connaissent leur musique pourront y retrouver un ou deux clins d’œil dans le roman…
J’en profite pour faire un peu de pub en parlant de mon blog Survivre la nuit, sur lequel je chronique régulièrement les disques que j’écoute. N’hésitez pas à digger un peu, vous trouverez peut-être quelques trucs à votre goût !


 Outre la musique, quelles sont tes inspirations ?
Question littérature, j’ai été marqué au fer rouge par Stephen King. Sans débat possible, c’est l’artiste qui a le plus influencé mon écriture. C’est même grâce à son manuel d’écriture, sobrement intitulé Écriture, que j’ai moi-même sauté le pas.
À part lui, je suis un très gros fan de Charles Bukowski, de J.D. Salinger, de Ryu Murakami, d’Orson Scott Card, de John Fante, de William Faulkner, de Douglas Coupland… Quand j’aime un auteur, j’ai tendance à vouloir tout lire de lui.
Et hors écriture, je suis un gros joueur de jeux vidéo, et un lecteur modéré mais éclairé de bandes dessinées. C’est forcément un peu moins palpable dans mes romans, mais je pense que d’une façon ou d’une autre, ça joue aussi sur mes récits, notamment sur leur rythme.

Instant Fanfiction.net : Patrick, Tifenn et Sarah se retrouvent coincés ensemble pendant une journée. Comment s’entendent-ils les uns avec les autres ?

Haha, merde, dur ! Bon… Déjà, j’imagine parfaitement Patrick être très mal à l’aise au milieu de ces deux filles plus âgées et bien plus extraverties que lui… Je le vois bien s’asseoir dans un coin et essayer au maximum de se faire oublier, tout en ne perdant pas une miette de ce qui se dirait.
Sarah, elle, du haut de ses vingt ans et de sa grande gueule, essaierait probablement de prendre l’ascendant sur les deux autres, sans vraiment y arriver puisqu’ils ne sont pas complètement idiots…
Et Tifenn est probablement mon personnage le plus positif, je pense qu’elle tenterait de faire s’entendre leur trio, d’intégrer Patrick et de calmer Sarah.
En vrai de vrai, je pense que Patrick et Tifenn peuvent s’entendre. Et que Sarah les tolèrerait plus ou moins. Même s’ils sont assez différents les uns des autres, ils parlent tous les trois la même langue.
Voici une idée de ce que leur discussion pourrait donner :
Sarah : Bon… On fait quoi, alors ? Vu qu’on est enfermés ensemble, autant essayer de s’occuper…
Tifenn : Bah je sais pas… Vous voulez qu’on discute, genre qu’on se présente, un truc comme ça ?
Sarah : « Qu’on discute et qu’on se présente » ? T’es sérieuse, meuf ?! On n’a plus dix-sept ans…
Tifenn : Bah, euh, moi si, justement…
Sarah : Ouais, bah pas moi !
Tifenn : Tu peux proposer quelque chose, aussi, si t’es pas contente, hein, c’est pas interdit !
Sarah : Monte pas sur tes grands chevaux, petite ! Je pourrais être ta mère.
Tifenn : N’importe quoi !
Sarah : Et pourquoi il parle pas lui, aussi, là ? Hé ! HÉ ! Toi ! T’es là ? Tu nous entends ?
Tifenn : Arrête de lui crier dessus !
Sarah : Je lui crie pas dessus !
Tifenn : Bien sûr que si ! Tu viens à l’instant de le faire !
Patrick : … Vous êtes vraiment obligées de parler aussi fort, toutes les deux ?
Sarah : Mais… Putain, mais il a une console de jeux depuis le début, ce petit enfoiré ! File-moi cette manette, morveux !
Patrick : Non mais attends, c’est ma partie et… Rends-moi ça !
Tifenn : Elle a raison, tu sais… On est enfermés ensemble. Faut que tu partages.
Patrick : … Ok. Mais je prends la perdante.

Je n’ai évoqué pour le moment que tes romans « réalistes », alors que tu as coécrit avec Raphaël Lafarge un livre de Fantasy. Quelle a été la vie de Teliam Vore ?
Extrêmement discrète ! Nous avions sorti ce livre un an ou deux avant que je n’écrive Tifenn, chez un éditeur qui publiait à l’époque une série de fantasy qui s’appelait Le Trône de Fer… Une série qui, quelques mois seulement après la sortie de notre roman, a été renommée Game of Thrones, comme son adaptation en série télé. Ce qui était jusqu’alors un truc pour fans de fantasy est subitement devenu un phénomène littéraire gigantesque. On s’est fait complètement rouler dessus en termes de promotion et de visibilité, évidemment. Nous étions encore des auteurs débutants, et nous nous sommes retrouvés désarmés face à tout ça, on a subi sans savoir comment agir. C’est évidemment dommage, mais bon, on s’en est remis et on a pris en expérience.

Tel un Flaubert punk du XXIe siècle, tu as tendance à remanier souvent tes écrits : après dix ans, tu autoédites l’intégrale de ton fanzine Terrortriste avec des bonus, une mise en page ajustée et quelques années après sa première sortie, Teliam Vore va connaître une nouvelle jeunesse. Pourquoi tant de réécritures ?
Ce sont en fait les deux seuls chantiers de ce type que j’ai entrepris, et ils sont assez différents l’un de l’autre, dans la démarche !

Concernant Terrortriste, à l’origine, c’était donc un roman en forme de fanzine que je distribuais moi-même aux concerts punks parisiens il y a une dizaine d’années. Ça mêlait faux journal intime, chroniques de disques, photos, dessins, critiques de films… Sans être devenu un truc culte, ça a tout de même marqué pas mal de personnes, et bizarrement, même dix ans après, il arrivait encore que des gens sortis de nulle part me demandent les numéros qu’ils n’arrivaient pas à trouver… Des numéros que, de mon côté, je n’avais plus en stock depuis longtemps. Donc, lorsque j’ai décidé après Tifenn de voir ce qu’il était possible de faire dans l’autoédition, Terrortriste m’a paru être une bonne opportunité d’effectuer une première expérience dans ce sens. En plus c’était les dix ans du projet, ça tombait bien. Globalement, j’ai en fait très peu retouché le contenu lui-même, je me suis contenté de le corriger un peu et d’y ajouter des bonus. C’était surtout l’occasion de le rendre à nouveau disponible pour les gens qui m’en demandaient, et de tâter le terrain de l’indépendance complète.

Pour Teliam Vore, c’est Raphaël qui a contacté les éditions Mnémos pour donner à notre roman commun une deuxième chance. Et Les Mondes-miroirs, qui sort à la fin de l’été, tient largement plus de la réécriture complète que de la réédition. Nous avons repris les idées de base, la structure générale, mais nous avons refait toute la construction. Tu verras quand tu l’auras, le roman a BEAUCOUP changé. Pour tout te dire, quand j’ai vu que tu avais lu Teliam Vore, je me suis dit « merde, dommage » ! Parce que, je le dis en toute confiance, Les Mondes-miroirs est un roman infiniment meilleur que celui que tu as lu. Raphaël et moi-même avons affiné nos plumes, depuis le temps, avons pris en âge, et ressortir tel quel le texte d’époque n’avait plus de sens, à nos yeux. Pour ma part, c’est vraiment un nouveau départ pour une histoire qui n’avait pas eu sa chance à l’époque. Je croise les doigts pour qu’elle te plaise.

(notons le lourd level up de couverture entre les deux versions)
De manière générale, peux-tu raconter l’intrigue des Mondes-miroirs et en quoi est-il différent de Teliam Vore ?
Avec plaisir ! Les Mondes-miroirs raconte l’histoire de deux jeunes femmes, Elsy et Élodianne, qui ont grandi ensemble, dans un monde qui se rapproche un peu de notre dix-huitième siècle. La première, Elsy, a progressivement évolué dans l’univers de la petite criminalité avant de devenir mercenaire, tandis qu’Élodianne, elle, s’est mise à travailler pour le gouvernement en tant que magicienne. Les deux amies vont cependant se retrouver à nouveau côte à côte autour d’une vague de terrorisme magique qui va agiter le pays. Des monstres vont apparaître un peu partout dans la capitale, où elles habitent, et tuer des dizaines d’habitants. Elsy verra dans cette affaire un moyen de faire fructifier son agence de mercenaires… Même si l’affaire en question dépasse en réalité, de loin, ses compétences.

C’est un univers riche, qu’on a conçu à trois, avec Raphaël Lafarge et Matthieu Leveder, qui illustre le roman. Je ne veux pas trop en dire pour ne pas gâcher le plaisir, mais on a des statues géantes, des dizaines de personnages, une gigantesque structure mystérieuse qui recouvre le pays, des monstres, de la magie, un dieu vivant… Le roman est assez sombre et violent, mais il n’est pas désespéré. Les personnages sont au contraire plutôt positifs et ambitieux. Je ne sais pas si je peux dire que c’est mon meilleur roman, ça appartiendra aux lecteurs d’en juger, mais je sais en tout cas que c’est celui que j’ai préféré écrire. Je suis super impatient qu’il sorte, c’était un énorme chantier qui m’a occupé à temps plein ces deux dernières années.

Ah, et comme je le disais un peu plus haut, le roman sera donc illustré ! Il y a une carte et six dessins de Matthieu, à l’intérieur, en plus de la superbe couverture que nous a faite l’artiste malaisienne Qistina Khalidah.
Concernant les différences avec Teliam Vore, elles sont trop nombreuses pour être listées… Mais en gros, on a retiré d’énormes pans du roman d’époque, qui parasitaient à notre sens l’intrigue, et on a profité de la place ainsi gagnée pour mieux développer l’univers, les personnages, les thématiques… Il y a énormément de scènes complètement nouvelles, des personnages inédits… Je sais que je me répète, mais on est plus proche du nouveau roman que de la réédition, dans le fond comme dans la forme.

Comment s’est passée la réécriture à quatre mains ?
On a eu un fonctionnement qui est très difficile à expliquer, en fait ! Je suis désormais incapable de te dire qui a écrit quoi. On ne fonctionnait pas avec « un chapitre chacun » ou quelque chose comme ça… On a tenté, mais ça ne nous convenait ni à l’un ni à l’autre. Donc au final, on est beaucoup repassé sur le texte, séparément ou ensemble, et à l’heure actuelle, chacune des phrases du roman peut être considérée comme la mienne ou comme celle de Raphaël. Nos contributions se mesurent autant en chapitres entiers qu’en mots précis, en ponctuation, en corrections microscopiques… Ça a donné au processus un rythme assez irrégulier, avec parfois d’énormes accélérations en très peu de temps et d’autres fois des phases de réflexion assez longues, mais on a abouti à une histoire qui, je pense, nous satisfait à 100% l’un comme l’autre.

Les Mondes-miroirs n’est même pas encore sorti mais pourtant je ne peux pas m’empêcher de poser la question : quels sont tes futurs projets ?
Il y a peu de choses que je suis réellement en mesure de te dire, malheureusement ! Je vais donc rester brumeux et annoncer un autre roman pour l’année prochaine, normalement, ainsi qu’un projet de scénario de série télé ! C’est principalement sur ces deux chantiers que je travaille actuellement. Tout en écrivant également un nouveau roman, qui lui n’a par contre absolument aucun éditeur ni, a fortiori, aucune date de sortie prévue pour le moment ! J’écris d’abord mes histoires, et je vois ensuite ce qu’il est possible d’en faire. C’est toujours comme ça que j’ai fonctionné. Ça a parfois payé, et en tout cas, ça m’a toujours permis de me sentir libre. Je sais désormais qu’il n’y a presque rien à gagner à être publié, alors, au moins, je veux être sûr de pouvoir assumer pleinement ce que j’écris.


Merci Vincent pour cette interview !

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