Je n'ai aucune statistique sous la main, mais je pense affirmer sans me tromper que l'amour est le sujet le plus abordé en littérature ado. C'est bien compréhensible : l'adolescence est l'âge où les émotions sont décuplées et où l'on vit ses premiers sentiments amoureux. Ce déchaînement de passion(s) offre un terreau fertile à l'imagination des auteurs et des autrices qui le transforment en histoires. Mais si la naissance de l'amour est passionnante, explorer le négatif d'une relation l'est encore plus. Et c'est ce que font avec une surprenante justesse les trois livres dont je vais vous parler.
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1 août 2018
11 juil. 2018
Terrortriste - Vincent Mondiot, fanzine entre l'adolescence et l'âge adulte
Sur ce blog, je me concentre sur les livres jeunesse, et plus particulièrement ceux qui s'adressent aux adolescents. Je me retrouve ainsi bien embêtée par Terrortriste : ce n'est pas un livre - plutôt un recueil -, c'est autoédité - donc impossible de le ranger dans une petite case éditoriale -, et il traite de cette délicate période du passage à l'adolescence et l'âge adulte. J'ai un peu hésité avant de me décider à finalement lui consacrer un article. Je ne vais pas mentir, j'ai passé un très bon moment avec ce recueil et certains passages m'ont vraiment touchés, alors pourquoi ne pas partager cela avec toi ?
C'est parti.
C'est parti.
« Je passe mon temps libre à être assise dans ma chambre, contre un mur, j'écoute des disques en bouffant des graines de tournesol et en chialant, putain, j'en chiale jusqu'à ce que mes muscles faciaux soient tellement congestionnés que je ne peu même plus pleurer. Je regarde la fenêtre fermée, fixement, en attendant je ne sais quelle putain de révélation divine, je cherche une raison à mes pleurs et à ce cri dans mon ventre, ce cri dans mon ventre.
Avoir un but n'aide pas à remonter.
Avoir un amour n'aide pas à remonter.
Avoir des amis n'aide pas à remonter.
Avoir des ennemis n'aide pas à remonter.
Avoir des rêves n'aide pas remonter.
Avoir la musique arrive encore à m'aider. Les mode qui est en moi. Écrire. Se souvenir, oublier, se souvenir. Retourner dans les égouts, merde, je ne demande que ça. Je veux pas oublier ce que j'ai été. Mon futur s'est en allé trop loin pour que j'espère le rattraper et je m'accroche alors à mon passé. »
10 mai 2018
Sauveur & Fils, Marie-Aude Murail - ENFIN LU !
JE L'AI LU ! ENFIN ! J'AI LU SAUVEUR & FILS !
On me bassine de ce livre depuis mon premier stage en librairie. Tous les gens avec qui j'ai travaillé m'en parlaient avec des étoiles plein les yeux. En soi, j'étais confiante ; Marie-Aude Murail est une autrice incontournable en littérature jeunesse et, même si j'en ai lu peu, j'aime ses livres (j'en ai même chroniqué un en 2012, c'est dire !). Mais le temps a filé, d'autres nouveautés ont attiré mon attention et je n'ai fais que suivre de loin l'évolution de la série Sauveur & Fils. Série qui s'est achevée en janvier avec un tome 4 que de nombreux ados sont venus s'arracher à la librairie. Ma curiosité a été de nouveau piquée face à cet engouement. Je me suis dit que ce serait con de passer à côté d'un bouquin qui faisait autant l'unanimité et de continuer de le conseiller sans l'avoir lu (#confessiondelibraire). Mes chères collègues ont d'ailleurs applaudi ma décision.
Eh bien l'univers de la librairie avait raison d'insister : Sauveur & Fils est un sacré bon roman.
On me bassine de ce livre depuis mon premier stage en librairie. Tous les gens avec qui j'ai travaillé m'en parlaient avec des étoiles plein les yeux. En soi, j'étais confiante ; Marie-Aude Murail est une autrice incontournable en littérature jeunesse et, même si j'en ai lu peu, j'aime ses livres (j'en ai même chroniqué un en 2012, c'est dire !). Mais le temps a filé, d'autres nouveautés ont attiré mon attention et je n'ai fais que suivre de loin l'évolution de la série Sauveur & Fils. Série qui s'est achevée en janvier avec un tome 4 que de nombreux ados sont venus s'arracher à la librairie. Ma curiosité a été de nouveau piquée face à cet engouement. Je me suis dit que ce serait con de passer à côté d'un bouquin qui faisait autant l'unanimité et de continuer de le conseiller sans l'avoir lu (#confessiondelibraire). Mes chères collègues ont d'ailleurs applaudi ma décision.
Eh bien l'univers de la librairie avait raison d'insister : Sauveur & Fils est un sacré bon roman.
16 août 2017
Mentine T4 - Seule à New York ! - Jo Witek
Quel plaisir de retrouver l'impertinente Mentine ! Après avoir suivi ses aventures à la campagne sans réseau, dans un pensionnat suisse et après une punition bien méritée, nous la surprenons en pleine rédaction d'une lettre destinée à séduire sa future famille d'accueil américaine. Car à quatorze ans et demi, il est temps pour elle de découvrir l'autre côté de l'Atlantique ! Tandis que ses parents s’apprêtent à s'isoler dans un ranch en amoureux, Mentine part améliorer son anglais dans une école d'été - en plus de découvrir New York. Et pas n'importe quel coin de New York... The Upper East Side, please !
Ok, déjà sachez (*mode racontage de vie activé*) que j'ai lu le quatrième tome des délicieuses aventures de Mentine juste après avoir terminé un binge-watching intensif de Gossip Girl. Dès les premières pages, à la mention de l'Upper East Side et de sa contradiction avec Brooklyn, j'ai tout de suite pensé à cette série. Et d'autant plus lorsque Mentine découvre sa famille d'accueil, les Van der Kop... ou devrais-je dire les Van der Woodsen ! Quoi, tous les noms à consonance hollandaise ne sont pas des références à la fameuse Serena ? Attendez de découvrir la correspondante de Mentine, j'ai nommé Joyce Van der Kop, blonde comme les blés et riche comme Crésus, boudeuse à souhait et guère enchantée de voir débarquer une petite Française excitée chez elle. Un savant mélange entre Serena et Blair Waldorf, en somme.
Ok, déjà sachez (*mode racontage de vie activé*) que j'ai lu le quatrième tome des délicieuses aventures de Mentine juste après avoir terminé un binge-watching intensif de Gossip Girl. Dès les premières pages, à la mention de l'Upper East Side et de sa contradiction avec Brooklyn, j'ai tout de suite pensé à cette série. Et d'autant plus lorsque Mentine découvre sa famille d'accueil, les Van der Kop... ou devrais-je dire les Van der Woodsen ! Quoi, tous les noms à consonance hollandaise ne sont pas des références à la fameuse Serena ? Attendez de découvrir la correspondante de Mentine, j'ai nommé Joyce Van der Kop, blonde comme les blés et riche comme Crésus, boudeuse à souhait et guère enchantée de voir débarquer une petite Française excitée chez elle. Un savant mélange entre Serena et Blair Waldorf, en somme.
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| La tête de Joyce quand Mentine arrive dans son appart de 400 m² |
9 mai 2017
Magnetic Island - Fabrice Colin, un thriller haletant en Australie
Les secrets de famille peuvent empoisonner toute une vie. Les non-dits, les regards fuyants, les absences, ça vous tue à petit feu. Cyan Fischer, seize ans, connait bien cela. Il passe ses journées dans sa grande villa en Australie quasiment seul tandis que sa famille de délite. Sa mère a quasiment quitté sa vie, son père est un réalisateur à succès toujours absent, son grand-père préfère fumer et sortir avec des filles à peine majeures que d'affronter la réalité. La jumelle de Cyan, Holly, a disparu il y a quatre ans et leur grande sœur Divine vient de se volatiliser à son tour. Cyan est donc seul et abandonné. Alors que personne ne semble s'inquiéter de la disparition de Divine, Cyan va tenter de la retrouver par ses propres moyens.
Cyan est torturé, perdu et a (déjà) des problèmes d'alcoolisme. Il a grandi trop vite, avec l'impression que sa famille se tenait loin de lui et de fait, manque énormément d'affection. On ne peut qu'avoir envie de le réconforter, lui qui ne s'ouvre jamais aux autres. Rarement j'ai « lu » un personnage aussi sombre, mais également aussi fascinant dans son évolution.
16 avr. 2017
La pyramide des besoins humains - Caroline Solé, Toi aussi, joue ta vie
« La pyramide des besoins humains est une émission de télé-réalité inspirée de la théorie de Maslow qui classe les besoins humains selon cinq catégories : besoins physiologiques, de sécurité, d'amour, de reconnaissance et de réalisation.Le jeu se déroule du 1er octobre au 1er novembre. Les candidats disposent d'un espace en ligne pour publier des messages, des photos et des vidéos afin de se constituer un réseau. Ils doivent prouver, chaque dimanche, que leurs besoins du niveau en cours ont bien été satisfaits en rédigeant un texte de 500 caractères maximum. Le nombre de votes obtenus sur ce texte permet à un candidat d'accéder ou non au niveau supérieur. Les résultats sont révélés en direct lors d'une émission télévisée hebdomadaire. »
En lisant ces règles, vous vous attendez sans doute, tout comme moi, à une aventure dans la veine de Hunger Games ou de La Sélection. Il n'en est rien. Dans cette histoire, notre héros n'est pas exposé aux feux des projecteurs, bien au contraire...
4 mars 2017
Le Projet Starpoint T1. La fille aux cheveux rouges - Marie-Lorna Vaconsin, une nouvelle trilogie fantastique
OVNI dans la ligne éditoriale de La Belle Colère, Le Projet Starpoint a tout pour piquer notre curiosité. D'abord, dans sa manière de s'annoncer. Depuis novembre, l'éditeur nous offre des teasings réguliers : une petite vidéo de présentation par l'auteure elle-même, des citations... Mais surtout, une comparaison à À la croisée des mondes, placardée à la une de Livres hebdo, soit LA revue professionnelle des métiers du livre.
Je vois votre sourcil gauche frétiller d'incrédulité - j'avais la même mimique que vous. D'où ce livre sorti de nulle part ose se poser en héritier de Philip Pullman ? Mais le meilleur c'est que Le Projet Starpoint est DIGNE de cette comparaison.
Tout ce bla-bla pour vous mettre l'eau à la bouche et vous ne savez toujours pas de quoi parle ce livre ! Alors en piste, c'est parti pour une ébauche de résumé.
23 févr. 2017
J'ai avalé un arc-en-ciel - Erwan Ji, ou les traditions du lycée américain décortiquées
Il y a des livres auxquels on ne s'attend pas. On ne sait pas vraiment dans quoi on s'engage, on pense trouver une histoire vue et revue... et en fait on est emporté.
Il y a des livres auxquels on ne s'attend pas. J'ai avalé un arc-en-ciel est un de ceux-là !
Pourquoi je ne savais pas dans quoi je m'engageais ? Je savais seulement que Tom avait adoré et qu'il me poussait à la lecture.
Pourquoi je pensais lire une histoire vue et revue ? J'avais juste lu un résumé qui promettait une énième histoire de lycée américain.
J'étais loin d'imaginer dans quel formidable livre j'allais me plonger...
Reprenons depuis le début.
Capucine (Puce pour les intimes - et pour la facilité de prononciation) est une jeune franco-américaine de 17 ans qui vit dans l'État du Delaware. C'est lors de sa dernière année de lycée qu'elle décide de créer un blog sans en informer personne. Pendant un an, elle va y partager son quotidien, ses réflexions et ses interrogations. Plus les posts défilent, plus on en apprend sur Puce et sur sa vie de lycéenne.
Alors oui, dit comme ça on a l'impression que ce livre n'apporte rien de neuf. Des récits ancrés dans le quotidien des jeunes américains, on en a déjà des tas... Mais j'ose dire qu'aucun n'est plus juste et passionnant que J'ai avalé un arc-en-ciel ! Et cela pour plusieurs raisons.
12 févr. 2017
À qui sont destinés les livres de La belle Colère ?
J'ai découvert en 2016 La belle Colère avec le livre Vous parler de ça qu'une amie m'a prêté. Alors que je suis plutôt alerte concernant les livres pour adolescents, je n'avais jamais entendu parler de cette collection, que ce soit sur les blogs littéraires ou en librairie. Pourtant, quand on creuse un peu le catalogue de La belle colère, on trouve des pépites ! Alors, pourquoi ces livres ne sont-ils pas plus connus ?
Commençons par le commencement, c'est-à-dire par l'histoire de cette collection. D'abord, collection n'est pas le terme adéquat. C'est un label, créé par Stephen Carrière des éditions Anne Carrière et Dominique Bordes des éditions Monsieur Toussaint Louverture en 2014. Le bébé a donc presque 3 ans, et actuellement 8 titres à son actif. Sur leur site, on peut lire :
« La ligne éditoriale de « La belle Colère » peut se résumer ainsi : des romans pour adultes dont les héros sont des adolescents. Des livres qui s’adressent aux adultes et se tendent, une fois refermés, aux plus jeunes, non pas parce qu’ils seraient adaptés à leur « niveau de lecture », mais simplement parce qu’ils nous ont profondément marqués. »
Là, ça fait tiquer. En effet, les éditeurs souhaitent adresser leurs livres aux adultes. Sauf que dans les faits, les thématiques abordées sont, selon moi, destinées aux adolescents et plus précisément à ce public flou qu'on nomme young adults.
8 févr. 2017
Ma tronche en slip - Vincent Cuvellier
Benjamin, franchement, il se trouve bien foutu. Il a 15 ans et les hormones en ébullition. Alors quand il se fait repérer dans la rue par une femme d'une agence de jeunes mannequins, il saute sur l'occasion. Mais son quart d'heure de gloire, ce sera pour une publicité avec sa tronche en slip, à savoir lui quasiment à poil placardé dans toute la ville - et bientôt en boucle à la télé et sur Internet.
Hé, mais qu'importe ! En 80 pages chrono, Benjamin nous raconte sa folle expérience de mannequin débutant complètement hors du temps. Dès que le contrat est signé, il s'envole en Afrique du Sud pour le shooting, croise un acteur connu, des filles en maillots de bain sans maillots de bain et danse comme un abruti pour un chèque qu'il ne touchera qu'à ses 18 ans. Il profite et ne se pose pas de question : la petite humiliation quand la campagne de pub sort n'est finalement pas grand-chose comparé à toutes les histoires qu'il peut désormais raconter pour impressionner les filles.
Pas forcément de morale pour ce petit bouquin qui se lit très vite. Benjamin c'est un ado comme les autres (ne crions pas au cliché, je ne suis pas un garçon, mais je pense que représenter un gars de 15 ans qui est très très préoccupé par ce qu'il se passe dans son pantalon, ce n'est pas si éloigné de la réalité) et qui s'exprime comme tel. On a l'impression d'avoir un pote en face de nous qui nous raconte des histoires si dingues qu'on doute de leur réalité - mais au fond on a envie d'y croire à ce monde du mannequinat. Alors on se laisse embarquer pour passer un bon moment délirant !
5 janv. 2017
Le grand saut - Florence Hinckel
Le grand saut, c'est l'histoire de six adolescents qui se connaissent depuis la sixième. Leur entrée en terminale marque le début de leur grand saut dans l'âge adulte. Certains commencent à faire le point sur leurs sentiments, d'autres tentent de faire avec leur famille qui se brise... et à tout cela s'ajoute la pression de l'avenir : que faire après le lycée ? où aller ? comment rester en contact ?
Ces problématiques font échos à tous les questionnements des adolescents d'aujourd'hui. Et je dis bien d'aujourd'hui. Il y a presque deux ans, quand j'étais en terminale, on s'interrogeait évidemment sur notre avenir, mais pas, par exemple, sur notre exposition sur YouTube. En effet, l'une des filles de la bande réalise des vidéos de beauté sur cette plate-forme et essuie les moqueries sur son physique. A mon époque (ohlala qu'est-ce que ça fait vieux et prétentieux !), la multiplication des jeunes vidéastes n'était pas si importante et les contenus que nous regardions étaient créés par des gens plus âgés que nous, donnant une certaine distance avec ce média. Aujourd'hui, les créateurs sont de plus en plus jeunes, s'affichent sur tous les réseaux et semblent beaucoup plus proches de nous. Enfin, je vais arrêter ma dissertation sur YouTube, ce n'est qu'une petite part des sujets qu'aborde l'histoire !
Parlons plutôt des personnages. Comme je viens de l'exposer, l'une d'elle, Rébecca, est YouTubeuse. Côté filles, elle est accompagnée par Iris la social justice warrior et Marion la déprimée. Côté garçons, on a Paul le mec torturé, Alex le musicien bosseur et Sam l’exubérant. Au moins, la répartition des sexes dans ce groupe d'amis est équitable ! On regrette par contre que l'importance narrative accordée aux personnages ne soit pas autant équitable... Marion, Alex et Paul ne sont décrits qu'à travers le regard de leurs amis. Mais j'imagine qu'ils prendront la parole dans le deuxième tome.
28 nov. 2016
Le Monde de Charlie, ou le meilleur livre pour adolescents
Je vous avais déjà parlé en 2013 du Monde de Charlie dans cet article. À l'époque, je découvrais seulement la collection Exprim et je présentais quelques romans, dont celui-ci. J'en disais :
« Charlie est un personnage très attachant. On va le suivre pendant un an, vivre toutes ses aventures avec lui. Il va vivre du bon, il va vivre du mal, il va enchaîner les expériences. Il va évoluer, bien entendu, pendant tout le roman.
Ce livre est une très bonne surprise, un petit coup de cœur, même ! Je me suis attachée à chaque personnage et pris énormément de plaisir à suivre leurs aventures.
Je n'ai pas vu le film, mais je vous laisse avec une image et la bande-annonce ! »
J'ai envie d'attraper mon moi de 2013 pour lui hurler à la figure : « SEULEMENT un PETIT coup de cœur ?! ». Parce qu'au fil des années, ce livre a grandi en moi au point de prendre une place très importante dans ma bibliothèque et dans ma vie littéraire. Je souhaite revenir sur Le Monde de Charlie, rendre justice par une chronique à ce magnifique livre qui doit être (re)découvert par le plus grand nombre. C'est parti.
1 nov. 2016
Je suis une fille de l'hiver - Laurie Halse Anderson
Anorexie. Le mot n'est jamais prononcé mais est au centre du roman. Lia est tourmentée par son corps de 45 kilos, hideux, monstrueux, énorme. Suite à plusieurs séjours à l'hôpital, elle berne sa famille en grignotant du bout des lèvres toute cette nourriture qui la dégoûte.
« ::stupide/moche/stupide/chienne/stupide/grosse/
stupide/bébé/stupide/stupide/stupide/stupide:: »
Prisonniers dans sa tête comme elle l'est dans son corps, nous sommes témoins de son monologue intérieur désespéré. Et Lia souffre d'autant plus que sa meilleure amie Cassie l'a appelée exactement 33 fois le jour de sa mort.
Enfin, meilleure amie... Lia et Cassie avaient commencé à s'éloigner l'une de l'autre depuis quelques temps. « Je suis heureuse que tu aies décidé de ne plus traîner avec elle [...] Cassie était complètement paumée. Elle aurait pu t'entraîner dans sa chute », souffle Jennifer, la belle-mère de Lia. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que les deux filles (filles de l'hiver) étaient liées par cette course à la minceur.
Enfin, meilleure amie... Lia et Cassie avaient commencé à s'éloigner l'une de l'autre depuis quelques temps. « Je suis heureuse que tu aies décidé de ne plus traîner avec elle [...] Cassie était complètement paumée. Elle aurait pu t'entraîner dans sa chute », souffle Jennifer, la belle-mère de Lia. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que les deux filles (filles de l'hiver) étaient liées par cette course à la minceur.
14 sept. 2016
Les Fragiles - Cécile Roumiguière
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| ill. Claudine Devey |
Nous faisons la connaissance d'Andrew, petit garçon de neuf ans qui est témoin du racisme ordinaire de son père. Puis on retrouve Drew (encore Andy pour sa mère), dix-sept ans, qui s'efface devant son père, qui lui n'a pas changé. Le décor est planté : nous sommes dans le tristement banal quotidien d'une famille dont les membres se croisent, sans vraiment s'aimer et se détruise sans en prendre conscience.
Alors oui, ce n'est pas un livre très joyeux. C'est un livre à lire d'une traite (à peine 200 pages), pour ne pas laisser traîner cette tristesse. Mais bon, peut-être que les personnages vont connaître une grande évolution, qu'ils vont ouvrir les yeux sur yeux et que tout se terminera dans un éclat de bonheur et de félicité ? Ce n'est pas gagné. Ce roman tend à nous projeter sans ménagement dans la réalité.
Et dans la réalité, tout n'est pas noir ou blanc. Les personnages qui gravitent autour de Drew sous tour à tour mis sous le feux des projecteurs de la narration, nous permettant ainsi de nous rendre compte que chacun d'eux est... gris. Aucun d'eux n'est fondamentalement méchant ou mauvais.
Alors oui, ce n'est pas un livre très joyeux. C'est un livre à lire d'une traite (à peine 200 pages), pour ne pas laisser traîner cette tristesse. Mais bon, peut-être que les personnages vont connaître une grande évolution, qu'ils vont ouvrir les yeux sur yeux et que tout se terminera dans un éclat de bonheur et de félicité ? Ce n'est pas gagné. Ce roman tend à nous projeter sans ménagement dans la réalité.
Et dans la réalité, tout n'est pas noir ou blanc. Les personnages qui gravitent autour de Drew sous tour à tour mis sous le feux des projecteurs de la narration, nous permettant ainsi de nous rendre compte que chacun d'eux est... gris. Aucun d'eux n'est fondamentalement méchant ou mauvais.
10 sept. 2016
Ronge bonbon - Cathy Cassidy

Voici enfin la traduction française d'un autre livre de l'auteure des Filles au chocolat ! Publié en 2006, Rouge bonbon nous présente l'histoire de Scarlett. Âgée de douze ans, elle n'a pas perdu son temps pour faire des frasques ; elle vient de se faire exclure définitivement de sa cinquième école. Sa mère, dépassée par son comportement, décide de l'envoyer chez son père, dont elle s'est séparée il y a deux ans.
Donc, nous avons au menu une jeune fille au tempérament rebelle, en colère contre son père et rêvant de tout casser pour se sentir libre... tout cela me rappelle Honey, l'héroïne de Cœur Vanille ! Comme elle, Scarlett va devoir apprendre à se contrôler et à connaître sa nouvelle famille. Son père a refait sa vie avec une Irlandaise, déjà mère d'une petite fille, Holly. Ils sont installés à Kilimoor, un village perdu au fin fond du pays des Leprechaun. Tout cela est bien loin de l'agitation frénétique de Londres à laquelle Scarlett est habituée. Bye bye les écoles immenses et bonjour la classe unique de primaire du village ! Mais la tranquillité des lieux n'apaise pas notre héroïne qui va bien vite trouver de nouvelles bêtises à faire.
5 juin 2016
Je suis qui je suis - Catherine Grive
Qui est Raph ? On se le demande et Raph se le demande aussi. On suit ce personnage le temps d'un été qui navigue comme une âme en peine dans son immeuble. Ne partant pas en vacances parce que sa mère est enceinte, Raph passe ses journées à tenter de ranger sa chambre et à piller les boîtes aux lettres de ses voisins. Très solitaire, il passe ses journées à se questionner sur lui, sur les autres, dans une infinie tristesse.
D'apparence androgyne, Raph trompe les autres sur son genre et fini même par se tromper lui-même. Dans la première moitié du roman, l'auteure réussit le tour de force de ne jamais nous donner le moindre indice sur le sexe assigné à Raph en évitant les accords des participes passés. Et quand la révélation survient, cela n'aide absolument pas notre personnage à se sentir mieux. Au fond, ce n'est peut-être pas si important ?
Ce petit livre est extrêmement intéressant ; tout d'abord, c'est la première fois que je vois le sujet de la non-binarité abordé en littérature jeunesse. Difficile de s'identifier au genre fille ou au genre garçon quand on ne se reconnait dans aucun des deux. Tout le questionnement qui perturbe Raph tourne autour de cela. Ensuite, outre ce sujet, c'est l'adolescence en général qui est traitée. À travers les non-dits, on découvre le mal-être de Raph, ce personnage qui ne se reconnaît en personne et qui se sent profondément incomplet. C'est le cas de beaucoup d'adolescents qui peuvent se sentir perdus ou différents. La quête de l'identité est au centre de cette période et cela est décrit avec justesse entre ces pages.
Je ne compte pas plus parler de ce petit livre du fait de sa brièveté. En 126 pages, tant de choses sont traitées ! C'est bien construit, intelligent et fort. À mettre en les mains d'adolescents un peu tristes qui se questionnent...
« - Bonjour, madame.
- Bonjour, made... jeun...
Allez, un petit effort. Regarde-moi bien. Fille ? Garçon ? Tu trouves ? Oui ? Non ? Allez, pas grave. »
Ce petit livre est extrêmement intéressant ; tout d'abord, c'est la première fois que je vois le sujet de la non-binarité abordé en littérature jeunesse. Difficile de s'identifier au genre fille ou au genre garçon quand on ne se reconnait dans aucun des deux. Tout le questionnement qui perturbe Raph tourne autour de cela. Ensuite, outre ce sujet, c'est l'adolescence en général qui est traitée. À travers les non-dits, on découvre le mal-être de Raph, ce personnage qui ne se reconnaît en personne et qui se sent profondément incomplet. C'est le cas de beaucoup d'adolescents qui peuvent se sentir perdus ou différents. La quête de l'identité est au centre de cette période et cela est décrit avec justesse entre ces pages.
Je ne compte pas plus parler de ce petit livre du fait de sa brièveté. En 126 pages, tant de choses sont traitées ! C'est bien construit, intelligent et fort. À mettre en les mains d'adolescents un peu tristes qui se questionnent...
12 mai 2016
Dis-moi si tu souris - Eric Lindstrom
Parker est une jeune américaine de seize ans aveugle orpheline. Wow, dit comme cela, on a l'impression de partir sur un tire-larmes. Mais rassurez-vous, ce n'est qu'une impression !
Maintenant, parlons garçons ! Eh oui, que serait un roman ado sans garçons ? Pour une fois, on n'a pas la panoplie complète des stéréotypes. Ils sont tous différents, mais crédibles. Bien entendu, leur rôle est de créer des ambiguïtés amoureuses, mais l'auteur arrive à amener tout ceci assez finement. Plus d'une fois confrontée aux garçons, Parker va apprendre à analyser ses hormones et ne pas forcément se laisser guider par celles-ci. On arrive à des situations tout à fait réalistes où nos personnages se remettent en question et tirent des conclusions de leurs actes.
Parker est donc aveugle depuis son enfance, suite à un tragique accident qui a également coûté la vie de sa mère. Elle vit depuis avec son père avec qui elle partage une grande complicité. Mais le malheur frappe une nouvelle fois lorsque son père meurt pendant l'été. Sa tante et sa famille arrivent d'Angleterre pour veiller sur Parker et s'installent dans sa maison. Et la rentrée scolaire arrive. Et Parker va devoir grandir avec tout cela.
Ça fait beaucoup d'informations d'un seul coup, mais pas de panique, tout ceci est bien amené et développé dans l'histoire. On fera la rencontre de tous les membres de la famille de Parker, mais ils ne sont qu'une partie de la galerie de personnages qui entourent la jeune fille. Les plus intéressants sont ceux qui composent la population du lycée de la ville.
Parker a toute une bande d'amis. Ce ne sont pas les plus populaires, mais ils forment un groupe soudé. Ils ont quand même leur petite réputation au lycée car ils se sont spécialisés dans l'écoute des problèmes des autres, leur apportant quelques conseils avisés. Mais mais mais, ce groupe d'amis va évoluer, se déchirer et se retrouver. Ce livre est d'abord une formidable leçon d'amitié. Et je ne parle pas de truc du genre « Best Friend Forever », mais plutôt de déclarations qui viennent du fond des tripes et qui te mettent la larmichette au coin de l’œil. Rien que ça. C'est vraiment plaisant de trouver de belles histoires d'amitié dans un roman pour adolescents.
Maintenant, parlons garçons ! Eh oui, que serait un roman ado sans garçons ? Pour une fois, on n'a pas la panoplie complète des stéréotypes. Ils sont tous différents, mais crédibles. Bien entendu, leur rôle est de créer des ambiguïtés amoureuses, mais l'auteur arrive à amener tout ceci assez finement. Plus d'une fois confrontée aux garçons, Parker va apprendre à analyser ses hormones et ne pas forcément se laisser guider par celles-ci. On arrive à des situations tout à fait réalistes où nos personnages se remettent en question et tirent des conclusions de leurs actes.
Bon, nous avons là des thèmes très intéressants, mais tout de même assez communs. Cependant, je n'ai pas abordé LE sujet de ce livre : la cécité (le fait d'être aveugle quoi). C'est ce qui fait la différence. Sans cela, on aurait qu'une histoire banale destinée aux adolescents...
Je me suis attardée sur les personnages secondaires sans détailler notre héroïne. La narration est à la première personne, choix très intéressant car, de ce fait, on partage totalement les sensations de Parker. Et donc... eh bien on ne partage pas sa vue (vu qu'elle est aveugle, vous avez suivi ?). Ainsi, on a très peu de descriptions physiques des personnes de son entourage et un soin tout particulier est porté à la description des autres sens, surtout l'ouïe. Cette technique permet une immersion plus importante dans l'univers de Parker. De nombreuses technologies d'assistance sont également présentées, comme la lecture des sms par le téléphones par des voix programmables.
La personnalité de notre héroïne est particulière. Elle est aveugle certes, mais elle n'est pas du genre à s'appitoyer sur son sort ; elle se débrouille très bien avec sa canne, ses repères et ses amis. Elle a établi un système de règles que tout le monde doit respecter (vous avez quelques exemples dans le résumé). Mais elle est très cynique sur sa condition et ses règles ne lui permettent pas de faire entièrement confiance aux gens. Ses sarcasmes ne sont pas excusables par sa cécité, et elle l'apprendra bien vite. Ainsi, malgré un handicap, on est face à une adolescente à la fois pénible et attachante, une adolescente comme les autres en fait. Et ça, c'est très bien. Très, très, très bien.
Je vais peut-être arrêter mon blabla ici, même s'il y a tant de choses à ajouter ! Dis-moi si tu souris est un très bon livre, s'adressant aux adolescents à travers une héroïne certes aveugle, mais semblable à eux. À lire si vous êtes adeptes du genre !
Attendez, une dernière chose ! J'aimerai ajouter un mot sur le titre. En version originale, le livre est intitulé Not if I see you first. C'est une expression courante, synonyme de see you later, see you soon « à bientôt / on se voit bientôt » ; un évident jeu de mots sarcastique sur le fait que Parker, justement ne peut pas « voir » see ! Et cela rappelle bien l'humour grinçant de notre héroïne !
Dis-moi si tu souris d'Eri Lindstrom • USA Not if I see you first 2015 • Traduction d'Anne Delcourt • Nathan Jeunesse • 16,95 € • 389 pages • juin 2016
Site / Twitter d'Eric Lindstrom • Facebook Lire en live
19 mars 2016
Vous parler de ça - Laurie Halse Anderson
Vous parler de ça de Laurie Halse Anderson
US 1999 - Speak
Édité chez La belle colère - 2014
300 pages - 19 €
On comprend que quelque chose est arrivé à Melinda l'été dernier, lors d'une fête. Avec un peu de jugeote, on comprend très vite de quoi il s'agit. Cette chose a enfermé Melinda dans cette carapace de silence que personne n'arrive à casser. Même ses parents sont découragés. Melinda se retrouve donc seule avec sa douleur et essaye de l'ignorer pour l'oublier. Au lieu de parler de ça, elle l'enfouit au plus profond d'elle.
US 1999 - Speak
Édité chez La belle colère - 2014
300 pages - 19 €
Melinda Sordino ne trouve plus les mots. Ou plus exactement, ils s'étranglent avant d'atteindre ses lèvres. Sa gorge se visse dans l'étau d'un secret et il ne lui reste que ces pages pour vous parler de ça. Se coupant du monde, elle se voit repoussée progressivement par les élèves, ses professeurs, ses amis et même ses parents. Elle fait l'expérience intime de la plus grande des injustices : devenir un paria parce que ceux dont elle aurait tant besoin pensent que le mal-être, c'est trop compliqué, contagieux, pas fun. Melinda va livrer une longue et courageuse bataille, contre la peur, le rejet, contre elle-même et le monstre qui rôde dans les couloirs du lycée.
Melinda vient d'entrer en Seconde et déjà le lycée lui tourne le dos. Murée dans le silence, elle regarde ce petit monde autour d'elle, ses amies qui s'éloignent et les professeurs qui s'acharnent sur elle. Elle semble flotter au-dessus de son présent, muette. Elle a vécu quelque chose qui l'a cassée.
Ça a détruit sa vie.
Ça elle ne le dit pas.
Ça c'est la cause de son mutisme.
« Toutes les conneries qu'on entend à la télé sur l'importance de communiquer, d'exprimer ses sentiments, tout ça, c'est du vent. Dans la vraie vie, tout le monde se fout de ce que vous avez à dire. »
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| Couverture originale |
Melinda. Absence. Douleur. Silence.
Melinda. Un personnage bouleversant et touchant. Prise dans une spirale infernale où se mêlent désespoir, tristesse et échec, elle incarne l'adolescence dans tout son mal-être. Mais elle porte également un jugement cynique et souvent réaliste sur son environnement. De son œil acéré, elle analyse les comportements des « groupes » du lycée, est témoin des conflits entre professeurs ou encore cerne d'une manière terrible ses propres parents. Elle semble avoir acquis une compréhension étonnante des autres, mais ne parvient toujours pas à se comprendre elle-même. Paradoxe déchirant.
« Les personnes qui ne s'expriment pas meurent à petit feu. Tu serais étonnée de savoir combien d'adultes sont déjà morts à l'intérieur... ils avancent sans savoir qui ils sont, en attendant qu'une crise cardiaque, un cancer ou un semi-remorque vienne finir le boulot. »
Les 300 pages de cet ouvrage filent entre nos doigts à une vitesse étonnante. Les chapitres sont très courts, deux ou trois pages chacun, et égrainent l'année scolaire de Melinda à travers le portrait de ses professeurs, une discussion, un cours d'arts plastiques... le tout via le « je » silencieux de notre protagoniste.
Vous parler de ça est à lire de toute urgence. Avec Melinda, on ouvre les yeux sur le silence dont peuvent s'entourer certaines personnes. Loin de les protéger, ce silence est un poids qui écrase la vie et dont il faut se débarrasser. Et parfois, un peu d'aide fait du bien.
○ Catalogue de La belle colère
○ Site / Twitter de Laurie Halse Anderson
○ Site / Twitter de Laurie Halse Anderson
Vous parler de ça a été adapté en film en 2004, avec Kristen Stewart dans le rôle de Melinda
11 févr. 2016
Mentine T3 - Pas de cadeau ! - Jo Witek
Pas de cadeau ! de Jo Witek
Tome 3 des aventures de Mentine
France
Édité chez Flammarion Jeunesse - 2016
285 pages - 12 €
Lu dans la foulée du deuxième tome, ce nouveau livre narrant les aventures de Mentine m'a moins emballée que le précédent. Mais, attention, je ne dis pas qu'il n'est pas bien, non non non ! Laissez-moi expliquer.
La dernière fois, nous avions laissé Mentine dans une école expérimentale pour jeunes surdoués en Suisse. Nous la retrouvons ici de retour à Paris, un an plus tard. Sa rentrée au lycée s'est bien passée, mais là n'est pas le principal sujet. Il est principalement question de Johanna, celle qui est passée d'« amie de secours » à « meilleure amie » dans le cœur de Mentine. Personnage assez effacé dans les tomes précédents, Johanna va se révéler à Mentine.
Car Johanna est une musicienne exceptionnelle : le flamenco coule dans ses veines, électrise ses doigts et fait vibrer les cordes de sa guitare. Époustouflée, Mentine découvre son don et se met en tête de l'encourager dans sa passion. Mais ce n'est pas le bon moment pour Johanna - rien ne va plus dans sa vie. Qu'à cela ne tienne, Mentine va se débrouiller seule pour faire des rêves de son amie une réalité.
Nous commençons à bien connaître Mentine, au bout de deux tomes. Impétueuse, spontanée, fougueuse, elle n'a rien perdu de son caractère ! Son obsession pour révéler les talents de Johanna va l'amener à faire une terrible bêtise... qu'elle aura tout le temps de regretter.
Eh oui, à 14 ans, il était temps que Mentine comprenne les conséquences de ses actes. Elle va apprendre quelques leçons de vie grâce à ses erreurs et à la « punition » qui en résulte. Notre héroïne continue de grandir et de se remettre en question, s'approchant de plus en plus du monde des adultes.
Bon, et donc, pourquoi ai-je un tout peu moins aimé cette aventure par rapport aux autres ? Déjà, je m'attendais à une continuité de l'histoire de Cette fois c'est l'internat. Je m'étais beaucoup attachée aux personnages de l'école suisse qu'on avait à peine eu le temps de découvrir dans ce livre. Cependant, comme tous les tomes peuvent se lire indépendamment les uns des autres, ayant simplement en commun l'évolution de Mentine, on ne revient pas sur cette période. Je le savais, certes, mais j'ai tout de même été déçue... Ensuite, j'ai eu du mal avec la fin de ce tome, que je trouve trop pleine de bons sentiments : on part sur du gros happy-end. Enfin, bon, on peut excuser ça par le fait que le livre se conclut à la période de Noël, donc quelques sourires, ça passe (c'est moi qui suis d'un naturel pessimiste et qui ne croit pas en la bonté humaine !).
Un nouveau tome plaisant, où il fait bon de suivre de nouveau notre Mentine ! Vivement la suite !
Tome 3 des aventures de Mentine
France
Édité chez Flammarion Jeunesse - 2016
285 pages - 12 €
Ma meilleure amie était Miss Flamenca. Johanna ne jouait pas de la musique, elle était la musique. Sublime, belle, elle m'emporta en Espagne. La dernière note me laissa perchée sur son sourire. Je ne voulais plus en redescendre. Je voulais qu'elle joue encore pour moi, le monde entier.
« Sache que si tu as besoin de moi, à n'importe quel moment je serai là ». Telle fut la promesse que je fis à Johanna un hiver. Telle fut la promesse que je tins un an plus tard quand, heureuse de pouvoir enfin lui offrir mon entière amitié, pour elle tout s'écroula.
Lu dans la foulée du deuxième tome, ce nouveau livre narrant les aventures de Mentine m'a moins emballée que le précédent. Mais, attention, je ne dis pas qu'il n'est pas bien, non non non ! Laissez-moi expliquer.
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| Le tome 1 |
Car Johanna est une musicienne exceptionnelle : le flamenco coule dans ses veines, électrise ses doigts et fait vibrer les cordes de sa guitare. Époustouflée, Mentine découvre son don et se met en tête de l'encourager dans sa passion. Mais ce n'est pas le bon moment pour Johanna - rien ne va plus dans sa vie. Qu'à cela ne tienne, Mentine va se débrouiller seule pour faire des rêves de son amie une réalité.
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| Le tome 2 |
Eh oui, à 14 ans, il était temps que Mentine comprenne les conséquences de ses actes. Elle va apprendre quelques leçons de vie grâce à ses erreurs et à la « punition » qui en résulte. Notre héroïne continue de grandir et de se remettre en question, s'approchant de plus en plus du monde des adultes.
Bon, et donc, pourquoi ai-je un tout peu moins aimé cette aventure par rapport aux autres ? Déjà, je m'attendais à une continuité de l'histoire de Cette fois c'est l'internat. Je m'étais beaucoup attachée aux personnages de l'école suisse qu'on avait à peine eu le temps de découvrir dans ce livre. Cependant, comme tous les tomes peuvent se lire indépendamment les uns des autres, ayant simplement en commun l'évolution de Mentine, on ne revient pas sur cette période. Je le savais, certes, mais j'ai tout de même été déçue... Ensuite, j'ai eu du mal avec la fin de ce tome, que je trouve trop pleine de bons sentiments : on part sur du gros happy-end. Enfin, bon, on peut excuser ça par le fait que le livre se conclut à la période de Noël, donc quelques sourires, ça passe (c'est moi qui suis d'un naturel pessimiste et qui ne croit pas en la bonté humaine !).
Un nouveau tome plaisant, où il fait bon de suivre de nouveau notre Mentine ! Vivement la suite !
○ Catalogue de Flammarion Jeunesse
○ Facebook et Twitter de Flammarion Jeunesse
○ Blog de Margaux Motin (illustratrice)
○ Facebook et Twitter de Flammarion Jeunesse
○ Blog de Margaux Motin (illustratrice)
9 févr. 2016
Mentine T2 - Cette fois c'est l'internat ! - Jo Witek
Cette fois c'est l'internat ! de Jo Witek
Tome 2 des aventures de Mentine
France
Édité chez Flammarion Jeunesse - 2015
270 pages - 12 €
Exclue.
Tome 2 des aventures de Mentine
France
Édité chez Flammarion Jeunesse - 2015
270 pages - 12 €
Exclue.
Cette sentence est tomée en novembre, à quelques jours de mon anniversaire. J'allais avoir treize ans, j'étais déscolarisée, et sur le champ de bataille de ma vie, une survivante : Johanna Estamplade, ma seule amie !
L'idée de papa m'a fait l'effet d'une douche de glaçons. Sa super trouvaille était un internat spécialisé, une usine à grosses têtes. Une école où on allait me transformer en petit singe savant. Adieu Johanna, adieu toute ma vie, je pars en Suisse étudier...
Mentine, tu m'insupportes.
Mentine, tu es une vraie peste.
Chère Mentine,
J'ai été vraiment contente de te retrouver après tes aventures à la campagne. Ce qui commençait comme une punition s'est finalement révélé être une expérience formidable pour toi ! Tu as grandi et mûri. Pendant tes vacances, tu t'es aussi beaucoup rapprochée de Johanna, celle que tu considérais comme ton « amie de secours »... mais qui finalement a été ta seule à te soutenir lors de la rentrée.
Eh oui, Mentine, j'ai été désolée de lire que rien ne s'était passé comme prévu au collège. Les gens changent, ou alors c'est nous qui portons un regard différent sur eux. L'amitié peut facilement se transformer en haine, tu l'as appris à tes dépends. L'environnement du collège est toxique pour toi qui tente de te fondre coûte que coûte dans la masse. Tu as peur des moqueries, peur d'être différente... Mais à force de vouloir rentrer dans le moule, tu as tout explosé sur ton passage.
Le résumé le dit : « exclue ». Toi, la surdouée, exclue ? Je comprends l'incompréhension, la tristesse, mais surtout la colère qui se sont emparés de toi. Tu n'arrivais pas à trouver ta place alors tu as laissé libre cours à ta rage. Tes décisions n'ont pas été toujours bonnes - je m'en suis parfois horrifiée - mais je ne suis pas parvenue à te détester. Après tout, tu n'as que treize ans et les mêmes problèmes que tous les adolescents à gérer ! Tout le monde peut craquer, c'est ce que tu nous enseignes. J'ai beau avoir pour ma part dix-huit ans, je me suis reconnue en toi. Oui, comme toi, j'ai parfois envie de tout casser, de dire leurs quatre vérités aux gens puis de me cacher dans un trou pour disparaître. Je pense qu'on en passe tous par là...
Heureusement, tes parents ont trouvé une solution extraordinaire pour t'aider à t'adapter. L'École George Sand qui propose un programme expérimental spécial pour accompagner les jeunes surdoués comme toi dans leurs études. Mais cette fameuse école se trouve en Suisse... Cette fois c'est l'internat ! loin de ta famille et de Johanna. Bon, cette déclaration est trompeuse, car finalement tu n'as passé qu'une semaine là-bas pour t'intégrer. Les méthodes des professeurs t'ont vraiment déstabilisée, mais j'ai été contente d'être témoin de tes réussites. Tu vois, tout le monde peut finalement trouver sa place ! Tu as appris à faire confiance aux autres. En plus, je pense que beaucoup d'aventures vont t'arriver vu la fin de ton livre... J'ai hâte de dévorer la suite !
Prends soin de toi, Mentine, continue de découvrir la vie avec ton humour et ta vivacité, de nous faire sourire et surtout de persévérer !
Je t'embrasse.
Je t'embrasse.
PS : il me faut vraiment les mêmes chaussons nounours que toi !
Le tome 3 des aventures de Mentine
est prévu pour le 10 février 2016 !
Mon avis sur le tome 1
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est prévu pour le 10 février 2016 !
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