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6 juin 2018

Une petite perle de littérature jeunesse : Les Plieurs de temps

Ces derniers temps je t'ai plutôt causé par ici de très très bons livres pour ados. Permets-moi de changer un tout petit peu de lectorat et je t'emmener dans les vertes contrées de la littérature jeunesse. Enfin, les livres pour ados sont de la littérature jeunesse, hein. Moi, je te parle des bouquins pour enfants qui ont entre 8 et 12 ans. Les jeunes lecteurs. La littérature pour les juniors. Oh et puis merde, on s'en fout de la dénomination de cette catégorie d'âge, je veux tout simplement te parler des Plieurs de temps


Note : le mot « temps » sera beaucoup employé pendant cette chronique.

Tout commence avec Robin qui fait la découverte d'une horloge dans le grenier de ses grands-parents. Lors d'une partie de cache-cache endiablée, une de ses sœurs manque de passer à travers le plancher et c'est en criant « STOOOoooop ! » que notre héros se rend compte qu'il peut suspendre le temps. Il ne tarde pas à faire le lien avec son nouveau pouvoir et la mystérieuse horloge. Le temps qu'il passe enfermé dans celle-ci est proportionnel au temps qu'il peut stopper. Presque au même moment, Anthony fait lui aussi la découverte d'une horloge qui lui donne le pouvoir de revenir cinq minutes en arrière. Les deux garçons sont désormais des Plieurs de temps. 

15 sept. 2017

Après la vague - Orianne Charpentier, survivre à l'inimaginable

en grand format chez Scripto...
Les premiers chapitres d'Après la vague, courts et brutaux, nous plongent en 2004, en plein tsunami. Nous suivons Maxime qui perd sa sœur jumelle emportée par la Vague. Profondément marqué par sa mort, son retour en France avec sa famille est très difficile ; il n'est plus que l'ombre de lui-même, traumatisé et rongé par la culpabilité. Après la vague, c'est le récit l'après, de son deuil et de sa reconstruction. 

Il est difficile de poser des mots précis sur ce roman tant il m'a pris à la gorge. Orianne Charpentier a le don d'écrire des histoires qui se lisent d'un seul souffle, sans pause possible tant elles sont intenses. Il serait possible d'en faire une analyse poussée sur les différentes étapes du deuil par lesquelles passe Maxime, ou sur sa totale perte de repères ; lui qui était un adolescent beau gosse imbu de lui-même change brusquement, à l'image des terres indonésiennes tout aussi brusquement ravagées par la Vague. Seules des rencontres déterminantes vont l'aider à aller de l'avant, à vivre de nouveau.  

24 juin 2017

Des vacances d'Apache d'Alexandre Chardin - histoire de famille et d'amitié

Quand Oscar apprend qu'il va passer ses vacances chez son grand-père, il est loin d'être enchanté. D'abord, son grand-père, il ne le connait pas beaucoup et en plus, tout le monde lui dit qu'il est « farfelu ». Dès le premier jour, Oscar fait la grimace : le papy Miluche semble complètement fou à se prendre pour un Apache et tirer au lance-pierres dans la fenêtre du voisin ! Et il n'est pas au bout de ses surprises... 

Marcel Miluche est un personnage haut en couleurs. Adulte-enfant, il a gardé une imagination débordante et un cœur gros comme ça. Chaque événement du quotidien est pour lui une occasion rêvée pour s'amuser. C'est ainsi qu'il se retrouve à mener une guerre enragée contre le fils du voisin, à risquer sa vie en vélo ou encore à exploser des records de jeux vidéos quand il a une minute de libre ! Avec son chat, il veille également sur une petite fée insaisissable, Nine. 

Nine, c'est le fil conducteur de cette histoire. Avant même d'arriver chez son grand-père, Oscar en avait entendu parler. Apparition mystérieuse, cheveux bleus au vent, Nine est partout et nulle part à la fois. Si Oscar sent son cœur palpiter la première fois qu'il croise son regard, une solide et magnifique amitié vont finalement les lier. Mais Nine cache bien des secrets et quinze jours de vacances ne seront peut-être pas suffisant pour tous les dévoiler.

3 juin 2017

Rose givrée et Louis Parmi les Spectres - des enfants face à l'alcoolisme d'un parent

Trop cool, un nouveau Cathy Cassidy ! Impossible de manquer les couvertures colorées et sucrées des éditions françaises de l'auteure de la saga Les filles au chocolat. Ce nouveau livre met encore en scène une jeune fille de treize ans qui, sous couvert d'histoire d'amour, se retrouve face à des problèmes bien plus grands qu'elle. 

Ici, Jude est confrontée à l'alcoolisme de sa mère.

Jude vit avec sa mère, son grand-père et sa grand-mère. Mais tout n'est pas rose dans sa vie. Sa mamie s'efface doucement face à un Alzheimer important, sa mère boit en cachette et son papy tente de s'occuper tout le monde du mieux qu'il peut malgré sa fatigue et sa vieillesse. Côté paternel, Jude n'est pas non plus dans une normalité ; son père est un sosie d'Elvis Presley un peu ringard.

Jude aime sa famille ; mais elle ne peut s'empêcher d'en avoir honte. Le premier chapitre se passe pendant une réunion parents-profs. Jude avait toujours réussi à dissuader ses parents de s'y rendre. Mais cette année là, sa mère l’embarrasse en racontant à ses profs qu'elle est actrice alors qu'elle est coiffeuse, sa grand-mère est complètement perdue et son père se pointe en combinaison à paillettes d'Elvis. Et tout le monde en est témoin... Pour Jude, qui n'aspire qu'à se fondre dans le moule, c'est trop. On découvre alors son quotidien, les membres de sa famille évoqués juste avant et les relations qu'elle entretient avec eux. Les mensonges de sa mère lui empoisonnent l'existence, la font souffrir et lui font se demander si elle se soucie vraiment d'elle. Jude ne peut confier à personne tout cela, tenant à préserver son image au collège. Cependant quand Carter, un garçon de sa classe, se rapproche d'elle, son armure commence à se fissurer. 

9 mai 2017

Magnetic Island - Fabrice Colin, un thriller haletant en Australie

Les secrets de famille peuvent empoisonner toute une vie. Les non-dits, les regards fuyants, les absences, ça vous tue à petit feu. Cyan Fischer, seize ans, connait bien cela. Il passe ses journées dans sa grande villa en Australie quasiment seul tandis que sa famille de délite. Sa mère a quasiment quitté sa vie, son père est un réalisateur à succès toujours absent, son grand-père préfère fumer et sortir avec des filles à peine majeures que d'affronter la réalité. La jumelle de Cyan, Holly, a disparu il y a quatre ans et leur grande sœur Divine vient de se volatiliser à son tour. Cyan est donc seul et abandonné. Alors que personne ne semble s'inquiéter de la disparition de Divine, Cyan va tenter de la retrouver par ses propres moyens. 

Cyan est torturé, perdu et a (déjà) des problèmes d'alcoolisme. Il a grandi trop vite, avec l'impression que sa famille se tenait loin de lui et de fait, manque énormément d'affection. On ne peut qu'avoir envie de le réconforter, lui qui ne s'ouvre jamais aux autres. Rarement j'ai « lu » un personnage aussi sombre, mais également aussi fascinant dans son évolution. 

26 déc. 2016

La question de l'identité dans la littérature jeunesse


  • Le Secret de Grayson, Ami Polonsky, Albin Michel "Litt' ", septembre 2016, traduction de Valérie Le Plouhinec
  • Le chat qui est chien, texte d'Alex Cousseau et illustrations de Charles Dutertre, Le Rouergue, octobre 2016

La littérature jeunesse, et plus particulièrement les romans qui mettent en scène des adolescents, prend souvent comme problématique la différence ; la différence qui stigmatise, qui empêche de s'insérer dans un moule, qui complexe. Certains personnages portent avec fierté leur différence, comme Tori qui se positionne volontairement en marge pour adopter un comportement d'adolescente rebelle. Au contraire, d'autres personnages souffrent de leur différence : en désordre, Charlie qui ne parvient pas à s'intégrer dans son école et qui ne cesse d'analyser son environnement au point de s'enfermer dans ses pensées, Lia qui souffre d'anorexie, Kai qui se suicide suite à la vidéo diffusée par ses harceleurs où on le voyait avec un garçon dans son intimité... Bref, une foule de personnages en souffrance qui ne sont que l'écho des souffrances vécues également par des adolescents du monde réel.
>>> Le Monde de Charlie, ou le meilleur livre pour adolescents
Lire ma chronique
Mais j'ai l'impression qu'un thème en particulier est peu évoqué en littérature jeunesse : la question de l'identité et du genre. C'est sans doute parce que ce questionnement est plutôt récent (du moins récent dans les discours à l'heure actuelle) et ainsi, les éditeurs n'ont pas encore eu le temps de trouver suffisamment de textes pour répondre à cette problématique. Certes, il existe déjà des livres qui parlent du genre ! J'ai par exemple chroniqué il y a quelques mois Je suis qui je suis de Catherine Grive qui présente un personnage principal dont le sexe n'est pas déterminé dans la narration et qui s'interroge énormément sur son identité. Il y a aussi eu cette année la réédition du livre de Julie Anne Peters renommé Cette fille c'était mon frère, titre évocateur. Et il y a évidemment bien d'autres que je ne connais pas.... Le hasard a voulu que je lise de manière très rapprochée deux livres qui traitent de la question du genre et plus largement de l'identité.

Le premier livre est un roman destiné aux adolescents : Le Secret de Grayson


1 sept. 2016

Le fils de l'ombre et de l'oiseau - Alex Cousseau

Le fils de l'ombre et de l'oiseau c'est...

Une histoire chuchotée par deux frères à l'oreille du meurtrier de leur père pendant une nuit. À l'aube, ils exécuteront Butch Cassidy, hors-la-loi, pilleur, bandit qui pour l'instant dort sous l'arbre où est né Pawel.

Pawel, c'est le fils de l'ombre et de l'oiseau. Dans les chuchotis de la nuit, on écoute son histoire. Il a parcouru l'Amérique du Sud en se cherchant une identité, lui qui n'est reconnu par personne, emmêlé dans l'histoire de sa mère.

Sa mère, c'est Poki, née sur l'Île de Pâques, qui a volé avant le monde, accrochée à ses rêves fous. En tout cas, c'est ce que l'histoire dit. Depuis, elle n'a cessé de vouloir toucher le ciel, tout en égrenant des promesses dans le vent comme des graines.

Et il y a Wari qui dessine dans le sable et dans les rêves de Pawel.

Et toutes ces histoires se croisent, se mêlent et se créent ensemble. Elie et Elias racontent, s'interrompant parfois, mais toujours en serrant dans leurs mains le fusil qui tuera Butch Cassidy.

Voyage, vols et vengeance sont les trois maîtres-mots de ce livre, de cette histoire qui nous en raconte tant d'autres.

17 mars 2016

Quelqu'un qu'on aime - Séverine Vidal

Quelqu'un qu'on aime de Séverine Vidal
France

Édité chez Sarbacane, collection Exprim' - 2015

288 pages - 15,50 €

Matt et son grand-père Gary partent à la poursuite des souvenirs sur les routes de l'Ouest américain.


Embarquez dans un road trip pour partager les destins d'une véritable « famille de route ».
Des histoires atypiques, des personnages terriblement attachants, des générations qui se croisent...
... pour un roman bouleversant.


Un road-trip touchant et mélancolique...
Une folle aventure qui donne son sens au mot 
« famille » !

Quelqu'un qu'on aime c'est un petit roman que j'ai pris par hasard sur une table de bibliothèque. Bien sûr, j'ai immédiatement repéré qu'il s'agissait d'un Exprim' - ce qui est en soi un gage de qualité, mais le nom de l'auteure m'était totalement inconnu (Séverine Vidal a déjà publié beaucoup de livres pour enfants - j'ai fait quelques recherches !).

Donc. Quelqu'un qu'on aime. Je me suis glissée un soir entre les pages de ce livre, doucement, en me demandant où j'allais tomber. On fait rapidement la rencontre des personnages centraux : 

  • Matt, la vingtaine, qui vient de découvrir qu'il est papa d'une petite Amber de 18 mois... ce qui contrarie plutôt ses plans
  • Gary, le grand-père de Matt, peu à peu atteint de la maladie d'Alzheimer
  • Antonia, une jeune femme partie faire un entretien d'embauche
  • Luke, 16 ans, fugueur
Cette petite bande va se rencontrer, se rassembler et s'apprivoiser au gré du hasard. Matt a promis à son grand-père de traverser avec lui les États-Unis sur les traces d'une tournée de Pat Boone, un crooner des années 50. Il espère que revivre avec ce road-trip avec lui permettrait de s'y retrouver dans ses souvenirs... Alzheimer fait doucement son ravage, changeant l'esprit du vieux Gary. Passé, présent, identité, tout se mêle dans sa tête, mais l'image du fameux Pat Boone reste gravée en lui. Il veut retrouver sa mémoire de jeunesse ! À l'arrière d'un van, les deux compères installent un siège bébé pour emmener avec eux la petite Amber et partent à l'aventure. Antonia et Luke les rejoindront de manière totalement imprévue et spontanée !

« Et pendant que Luke et Matt se lancent dans une longue farandole de prénoms masculins, Edgar, Luis, Reid, Richard, Don, Chad, Max, Jack, Philipp, Bill, Nick... elle sait que c'est là qu'elle doit être. Qu'elle a trouvé sa place. À l'arrière d'un van à huit places, roulant vers la Californie, à côté d'une môme de 18 mois qui renifle en appelant « maman », d'un vieux qui porte la casquette de son petit-fils à l'envers et l'appelle Antonella, d'un ado qui regarde par la vitre en arbitrant une course de gouttes de pluie et d'un tout nouveau papa qui attend que le feu passe au vert. »
Et nous avons notre petite équipe. Et qu'est-ce que ces personnages peuvent être attachants

Comprenez bien : durant ma lecture, j'avais vraiment l'impression d'être partie en voyage avec ces gais lurons. Ils ont tous leur personnalité, leur caractère et leurs secrets. On ne cesse de les découvrir de page en page et de s'attacher à eux. On les aime. On ne veut plus les quitter. Leur road-trip est captivant, triste parfois, mais toujours plein d'espoir. 

Quelqu'un qu'on aime est une aventure complète. Déjà, l'idée de partir sur les traces de la tournée de Pat Boone est totalement folle. Ensuite, ce n'est pas qu'un simple road-trip. C'est bien plus que cela. C'est l'occasion pour nos personnages de se questionner sur eux-mêmes - sans tomber dans le drame, ne vous inquiétez pas ! - et de profiter chacun à leur manière de la vie. Ce livre nous hurle : Profitez ! Rien n'est perdu ! Tout est possible ! Et c'est beau ! Et on y croit ! 

Cette famille hétéroclite, unie par les liens du sang, de l'amitié, de l'aventure nous livre ainsi un formidable message. La plume de Séverine Vidal est superbe, teintée de nostalgie et de joie. On passe en compagnie de ce livre un moment doux, apaisant... et ça fait du bien. Ça fait du bien, des petits livres comme ça. On aimerait en lire plus souvent, émerger de notre voyage comme ça, avec les yeux embués et un petit sourire émerveillé sur les lèvres...


18 janv. 2016

Dysfonctionnelle - Axl Cendres

Dysfonctionnelle d'Axl Cendres
France

Édité chez Sarbacane, collection Exprim' - 2015

305 pages - 15,50 €

Fidèle, alias Fifi, alias Bouboule, grandit dans une famille dysfonctionnelle.

Papa enchaîne les allers-retours en prison, Maman à l'asile.

Mais malgré le quotidien difficile, Fidèle vit des moments de joie, entourée de ses six frères et soeurs, aux prénoms panachés : Alyson, JR, Dalida, Jésus... Cette tribu un peu folledingue demeure « Au bout du monde », le bar à tocards que tient le père dans Belleville.
À l'adolescence, la découverte de son intelligence précoce mène fidèle à « l'autre » bout du monde : un lycée des beaux quartiers où les élèves regardent de haut son perfecto, ses manières de chat de gouttière.

Mais c'est aussi là que l'attend l'amour, le vrai, celui qui transforme... CELUI QUI SAUVE.


NON, ce n'est pas un énième livre sur l'adolescence, sur les aléas de la vie, sur les problèmes du quotidien.
DYSFONCTIONNELLE, c'est un livre sur une existence, sur les aléas de la vie mis à mal par une héroïne qui ne se laisse pas faire, sur les problèmes du quotidien toujours surmontés avec courage et humour. 
Ce point, étant éclairci, nous pouvons passer à la chronique de ce livre que j'ai diablement aimé

Vous l'avez compris en lisant le résumé, on partage la vie d'une famille dysfonctionnelle. Le père est Kabyle musulman, dans toutes les magouilles et gère avec son frère ingénieux le bar « Au bout du monde ». La mère est Polonaise, juive d'origine mais convertie au catholicisme suite à son traumatisme des camps de concentration, dérangée et perdue. Ils ont sept enfants - accrochez-vous bien - Dalida la peste, Alyson la mièvre, Marilyne l'engagée, JR le dragueur, Jésus Jésus (vraiment), Grégorio le bagarreur. Et Fidèle « Fifi » ou « Bouboule », notre narratrice. 
Vous êtes toujours là ? Nous ne sommes qu'aux premiers chapitres, qui nous présentent tour à tour les membre de cette drôle de famille. Une fois le décor planté et les détails assimilés, nous sommes partis pour 300 pages de joie et de rire, mais aussi de douleur et de tristesse

Parce que oui, Dysfonctionnelle nous fait à peu près passer par toutes les émotions possibles et inimaginables. L'écriture d'Axl Cendres est drôle, tendre et immersive. Avec un style parfois à la limite de l'oralité, on est d'autant plus emporté dans cette famille qui ne va pas toujours bien.

Certes, ils s'aiment tous. Mais l'unité de cette tribu est souvent mis à mal par les convictions de chacun. Les différences ont parfois du mal à cohabiter. Les coups de gueule pleuvent, les coups durs aussi. Les enfants gravitent dans un environnement à part, ce qui leur posera pour la plupart des problèmes d'intégration.

Mais ils ne s’apitoient pas sur leur sort, au contraire ! Ce sont leurs différences qui les rendent plus forts. Fifi, par exemple, porte cela comme une fierté. D'une intelligence précoce, elle va être amenée à fréquenter une école dans les beaux quartiers de Paris. Ses manières dénotent, eh bien elle n'en a que faire ! Elle a été élevée en assistant aux bastons du « Au bout du monde », réglée fissa par son papa qui en impose, alors pas question de changer pour faire plaisir aux autres. Elle est comme elle est, point !
Fifi, notre narratrice, est un personnage attachant que l'on va suivre durant les grandes périodes de sa vie. On commence par son enfance dans un bunker, puis son arrivée dans la famille, ses habitudes, sa tendresse pour sa mère si perdue, sa grande gueule, sa sincérité, sa scolarité, sa rencontre avec Sarah. Puis des années de hauts et de bas, des questionnements sur soi... C'est un personnage profondément humain. C'est par son regard qu'on découvre sa famille, qu'elle souhaite protéger et garder unie. 

Dysfonctionnelle c'est un livre que je qualifierai de « livre nostalgique ». Je sais, c'est une appellation très étrange, et j'ai du mal à définir concrètement ce que j'entends par là. Du fait que l'on s'attache à une famille et plus particulièrement à l'évolution d'un personnage, c'est d'autant plus difficile de refermer le livre. On a envie de rester pour toujours dans le quotidien de cette folle tribu. Mais la vie continue... et nous sommes obligé de leur dire au revoir. 

Dysfonctionnelle c'est donc une histoire dans laquelle on s'immerge totalement, de vastes thématiques abordées (les différences de culture, la religion, l'homosexualité...) et surtout des personnages plus qu'attachants. À lire de toute urgence pour découvrir cette famille incroyable !

○ La page Exprim' Sarbacane

○ Mon big article sur la collection Exprim' dans lequel j'évoque deux autres publications d'Axl Cendres : Échec et But et La Drôle de vie de Bibow Bradley (où on retrouve encore des histoires partant d'un bar et avec des personnages à part !)