22 avr. 2018

Le plaisir de relire des livres ou les coïncidences inexplicables de ma passionnante vie

Aujourd'hui je ne t'embarque pas dans une énième chronique livresque. Déjà, de un parce que cette semaine je t'ai déjà servi un avis sur le génial Les Collisions que tu devrais filer découvrir, et de deux, parce que je suis censée passer tout mon temps libre à réviser mes partiels. Ou à écrire mon mémoire. Ou les deux à la fois. Donc, normalement, à ne pas écrire des articles de blog comme la bonne procrastinatrice que je suis. Mais bon, on ne se refait pas. Je préfère traîner sur Internet - et plus particulièrement focaliser mon attention sur Netflix plutôt que sur mes cours d'analyse financière de librairie. Ah, Netflix, monopole de mon amour et du paysage télévisuel de ces dernières années. Même si j'avoue (énormément) kiffer les séries originales que le géant américain propose (The end of the f***ing world et 13 reasons why, vous avez mon cœur ), mon activité principale consiste à re-re-re-garder des shows archivés qui viennent d'autres chaînes et d'une autre époque. C'est ainsi que je me retrouve les matins à mater un épisode des Totally Spies, à enchaîner avec un Lie to me au hasard et à finir l'aprem avec Skins

Skins

LES GARS (et les meufs, ne soyons pas exclusifs). SKINS. LA VIE.


Je vais un peu digresser. Pas plus tard qu'hier soir je me suis endormie devant Les Potes (Dude), une des dernières productions Netflix, avec Lucy Hale et Kathryn Prescott. Faut se l'avouer, c'était un peu à chier. Des meufs de terminale arrivent à la fin du lycée et doivent gérer plein de trucs, dont le fait que le frère de l'une d'elles soit mort l'année passée et qu'une des meufs crushait sur lui. Le principal problème du film est que quasiment toutes les actrices ont 20 ans passés, voire sont parfois très proches de la trentaine, et qu'elles interprètent des lycéennes. Zéro crédibilité. Mais dans ce film joue Kathryn Prescott. Elle interprétait Emily, l'une des jumelles Fitch dans la deuxième génération de Skins. Tu sais, cette génération à la fois adorée (parce qu'il y a Effy. Et Cook. Mais surtout Effy) et détestée (sérieusement, les rebondissements sont beaucoup trop perchés)... 
Kathryn Prescott ♥
Pour ceux qui ne connaissent pas, il faut savoir que Skins compte 6 saisons (plus une septième un peu bâtarde), qui suivent par paire une génération de lycéens dans la ville de Bristol. Ce sont des ados un peu paumés, qui boivent, qui fument, qui baisent. Mais c'est jamais racoleur, c'est ça qui est remarquable. Tu suis tout simplement des vies qui se télescopent entre elles, avec des personnages attachants, bien loin des clichés qu'on te sert d'habitude dans les séries pour ados. C'est... honnête. Bref, tout ça pour dire qu'il ne faut pas regarder Les Potes (Dude) où on te présente des adolescentes fantasmées de trente ans, mais plutôt qu'il faut tenter l'ambiance peu hygiénique de Skins, où les personnages transpirent, vivent à cent à l'heure et sont bien plus proches de toi. 

Faut que je me recentre un peu. T'as lu le titre de cet article, au fait ? Le plaisir de relire des livres ou les coïncidences inexplicables de ma passionnante vie ? Je n'en suis pas peu fière. Moi, c'est le genre de titre qui me donne envie de lire ce qui est raconté dedans. Mais niveau racontage, on n'est pas allé bien loin pour le moment. J'arrive au cœur de mon propos, un peu de patience !


Quand je ne suis pas devant les premières saisons de Skins pour éviter de réviser, je lis. J'ai lu pas mal de bons trucs (j'ai un compte Instagram pour te le prouver) ces derniers temps. Puis je me suis accordée un petit plaisir : relire un livre aimé. Quelle sensation géniale de reprendre dans sa bibliothèque un livre (je mens en parlant de bibliothèque, la majorité de mes bouquins traîne sur le sol de ma chambre, ce qui explique leur état moyen) dont tu sais déjà tout ! Tu sais que l'histoire est géniale, tu sais exactement quelle sensation tu vas ressentir à quelle page, tu sais quel est le dénouement et le sentiment qu'il te procure. Ce soir-là, j'ai relu Nightwork. Si l'an passé je te saoulais avec Le Fils de l'ombre et de l'oiseau sur le blog, attends-toi à ce qu'en 2018 je te parle beaucoup de Nightwork. Te voilà prévenu•e. 


Nightwork. 273 pages de drame dans une ambiance crade et macabre. Une justesse infinie dans les mots. Des personnages paumés, qui se débrouillent comme ils peuvent avec les mauvaises cartes qu'ils ont dans les mains. Un putain de livre. Un putain de livre pour lequel j'ai un coup de cœur inexplicable. Je l'ai donc relu pour la première fois il y a quelques jours et j'attends que mes émotions de lecture s'estompent pour le savourer de nouveau une troisième fois quand le moment sera venu. Pour cette relecture, je m'étais armée d'un crayon de papier avec lequel j'ai consciencieusement relevé les passages les plus marquants. Il y a un moment, j'ai vécu une autre séance de relecture compulsive avec Revanche, dans lequel j'ai tellement gribouillé mes pensées au fil de l'histoire que je n'ose plus prêter mon exemplaire. Bref, sans divulgacher, Nightwork c'est plein de phrases qui semblent banales jusqu'à ce que leurs derniers mots de percutent au moment où tu t'y attends le moins, comme ça : 

« Je me suis allongé  par terre et j'ai hurlé de rire, me tordant dans tous les sens. Sur son lit, Abdel m'a imité. Ça a duré longtemps. De toute ma vie, jamais je n'avais été aussi heureux. Je ne crois pas l'avoir été à nouveau depuis, d'ailleurs. »
« C'était un joli moment. Et qu'il se soit effectivement passé comme ça ou non, peu importe, en fait : ça fait un bon souvenir. Le tout dernier. »
« J'avais déjà une certaine capacité à imaginer le déroulement des choses, je crois. À tisser, avec quelques coups d'avance, un canevas à peu près crédible des conséquences de ce que j'étais en train de vivre. Ce n'est pas vraiment un talent. Simplement, une compétence vaguement utile que j'avais développé à force d'être plus spectateur qu'acteur dans mon quotidien, j'imagine. » 

Voilà, j'étais à avoir fini Nightwork, le cœur de nouveau serré à la page 108, la nausée pendant le chapitre « Mon premier café »... Et j'ai décidé de ne pas m'arrêter en si bon chemin. Dans la foulée, j'ai relu Tifenn : 1 - Punk : 0, un précédent livre de Vincent Mondiot. Il y a une vieille chronique de 2013 qui date sur le blog, tu peux la chercher. C'est l'histoire d'une petite meuf qui, un peu sans le vouloir, part en road-trip avec son grand frère et ses potes avec lesquels ils ont formé un groupe d'emo-punk un poil merdique, mais dans lequel ils sont investis à fond. Le livre prend la forme d'un journal de bord où Tifenn consigne ses pensées et les moments marquants de la tournée du groupe. Cela donne une très chouette histoire, drôle et touchante. Le truc qui m'a donné envie de me replonger dans les aventures de Tifenn presque quatre ans après ma première lecture, c'est que le personnage fait une brève apparition dans Nightwork. Elle n'a pas un rôle déterminant, c'est juste un caméo pour les initiés. Et je me demande même si Sarah, une des potes de Tifenn qu'on rencontre au début du livre, ne serait pas la Sarah avec quelques années de moins de Terrortriste, une autre oeuvre protéiforme de Vincent Mondiot. Mais j'extrapole sans doute. 


En tout cas, recroiser des personnages d'une histoire dans une autre est quelque chose de rigolo. Je n'ai pas d'autre adjectif. C'est rigolo de percevoir un clin d’œil, une référence voulue, ça fait se sentir intelligent une demi seconde, le temps de terminer sa page et de passer à autre chose. Mais dans ces relectures diverses, il s'est passé un autre truc. Un truc qui va te faire comprendre le titre de cet article.

J'étais en train de mater l'épisode 3 de la saison 2 de Skins. Dans cet épisode centré sur Sid, un événement impensable se produit, similaire à l'intrigue de Nightwork. Comme le narrateur de Nightwork, Sid fuit au lieu de s'occuper du problème. Il va en cours comme d'habitude et finit à un concert du groupe Crystal Castles où il craque. Dans Tifenn : 1 - Punk : 0, Sarah (de Terrortriste ?) et Tifenn écoutent justement ce groupe. Ce sont des coïncidences inexplicables. C'est rigolo. Ça méritait d'en faire un article entier. Va lire Nightwork maintenant, pendant que je me remets à réviser mes partiels.

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