10 mai 2018

Sauveur & Fils, Marie-Aude Murail - ENFIN LU !

JE L'AI LU ! ENFIN ! J'AI LU SAUVEUR & FILS !

On me bassine de ce livre depuis mon premier stage en librairie. Tous les gens avec qui j'ai travaillé m'en parlaient avec des étoiles plein les yeux. En soi, j'étais confiante ; Marie-Aude Murail est une autrice incontournable en littérature jeunesse et, même si j'en ai lu peu, j'aime ses livres (j'en ai même chroniqué un en 2012, c'est dire !). Mais le temps a filé, d'autres nouveautés ont attiré mon attention et je n'ai fais que suivre de loin l'évolution de la série Sauveur & Fils. Série qui s'est achevée en janvier avec un tome 4 que de nombreux ados sont venus s'arracher à la librairie. Ma curiosité a été de nouveau piquée face à cet engouement. Je me suis dit que ce serait con de passer à côté d'un bouquin qui faisait autant l'unanimité et de continuer de le conseiller sans l'avoir lu (#confessiondelibraire). Mes chères collègues ont d'ailleurs applaudi ma décision.

Eh bien l'univers de la librairie avait raison d'insister : Sauveur & Fils est un sacré bon roman.

Sauveur Saint-Yves est un psychologue aux origines antillaises installé au numéro 12, rue des Murlins. Son cabinet est collé à sa maison, ce qui permet à son fils Lazare, 8 ans, d'espionner les rendez-vous avec ses patients. Comme lui, on se fait discret•e et on tend l'oreille pour capter tout ce qui se joue dans le bureau de Sauveur. Les consultations se succèdent dans un ballet ininterrompu ; Margaux, 14 ans, cache ses scarifications pour ne pas inquiéter ses parents, Ella, 12 ans, combat sa phobie scolaire en s'imaginant dans la peau du chevalier Elliot, Cyrille, 9 ans, est toujours énurétique, une brochette de trois sœurs s'insurge face aux choix de vie de leurs parents fraîchement divorcés... Tous ces drames quotidiens se relaient dans le bureau de Sauveur. Mais ce n'est jamais plombant. Au contraire, avec douceur et humour, Sauveur prend à bras le corps tous ces problèmes et aide ses jeunes (et parfois moins jeunes) patients à les démêler. Et les siens, de problèmes, quand prendra-t-il le temps d'y faire face ? Quand montrera-t-il à son fils la photo de son mariage ?

Bon, là je prends un ton un poil drama pour te teaser l'intrigue de Sauveur & Fils, mais en fait... il n'y a pas réellement d'intrigue. Évidemment, au fil de notre lecture on se pose de plus en plus de questions sur le passé familial de Sauveur. Mais ce ne sont pas ces révélations qui nous tiennent en haleine. C'est plutôt cette suite de morceaux de vies révélés dans les tranches d'une heure de consultation top chorno qui nous fait fébrilement tourner les pages de ce livre. Je l'ai pour ma part commencé pendant un long trajet de métro et fini pendant une pause déjeuner, et crois-moi, j'ai eu beaucoup de mal à me détacher de cette histoire.

Les trois « saisons » de Sauveur & Fils
Marie-Aude Murail parvient en quelques paragraphes à te faire prendre d'empathie pour des personnages dont tu ne sais rien. Ils dévoilent ce qu'ils veulent dévoiler pendant leur consultation, mais tu discernes toujours en eux une profondeur inattendue. Comme Sauveur, tu attends avec impatience le prochain rendez-vous pour découvrir leur évolution. Ces histoires personnelles sont aussi de subtils prétextes pour aborder des sujets de société actuels : l'identité, les relations parents - enfants, le racisme ordinaire et j'en passe. Le tout est servi d'une écriture dynamique qui ne te permet aucune pause. Tu as choisis de vivre la vie d'un psychologue au grand cœur pendant 329 pages, tu ne connaîtras pas la tranquillité ! Quand tu arrives au bout de ta lecture, essoufflé•e, touché•e et un peu beaucoup remué•e, tu n'auras envie que d'une chose : découvrir la suite des vies de cette formidable galerie de personnages. Que dire de plus sur Sauveur & Fils ? Pas grand-chose. Jette-toi dedans. C'est tout. Je ne serais que la énième personne à te le conseiller.

Sauveur & Fils de Marie-Aude Murail • France • L'École des loisirs • 17 € (poche : 7,80 €) • 329 pages • 2016

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Lâche un com's, comme disent les jeunes branchés de 2010