25 mars 2018

Le Gang des Prodiges, Marissa Meyer - Super-héros addictifs

Je n'ai jamais été une grande fan de PKJ. Petite, j'ai dévoré La Guerre des Clans puis Les Gardiens de Ga'Hoole, des séries à rallonge qui mettent en scène respectivement des chats et des chouettes. Plus tard, je suis évidemment tombée dans Hunger Games, après un détour par la très bonne série de fantasy Les Chroniques du Monde Émergé. Mais je ne me suis jamais intéressée aux autres titres de leur catalogue, les jugeant trop plein de romance ou surfant trop sur la vague des dystopies. Bon, en soit ce n'est pas très grave, ces livres ont l'air de plaire à beaucoup de gens et de mon côté, je trouve mon bonheur avec d'autres maisons d'édition. 

Cependant, mes a priori ont été balayés la semaine dernière quand l'équipe de PKJ a invité des libraires à une présentation de leurs titres à paraître  en 2018. Fatalement, quand les éditeurs et éditrices te parlent avec sincérité de leurs coups de cœur, tu ne peux être que tentée. En plus de cette chouette présentation, nous avons eu un temps d'échange avec Marissa Meyer, l'une des autrices phares de la maison (Les Chroniques Lunaires). En l'entendant parler de son dernier livre, Le Gang des Prodiges, je me suis jetée sur le service de presse proposé et n'ai pas tardé à le dévorer.  Et... wow.


WOW MAIS QU'EST-CE QUE C'ÉTAIT BIEN !

Bon, bon, calmons-nous, avant de faire une critique dithyrambique, faut que je te fasse un résumé de l'histoire. Alors, nous sommes dans un univers alternatif où certaines personnes sont dotées de super-pouvoirs ; ils sont appelés « Prodiges ». D'abord chassés et craints, les Prodiges se sont ensuite rassemblés en gangs, dont le plus célèbre, les Anarchistes alliés à Ace Anarchy, prend le pouvoir. Si les super-vilains sont maintenant tranquillou, les non-Prodiges vivent à leur tour dans un monde d'insécurité. Heureusement, un groupe de super-héros nommés Renégats se dresse contre les Anarchistes en tuant Ace Anarchy. Ils deviennent suite à cette victoire les leaders d'une nouvelle société où chacun peut vivre en paix, et surtout où les Prodiges sont adulés au lieu d'être menacés.

C'est dix ans après l'ère d'Anarchie que l'histoire commence. Nous faisons la rencontre de Nova, élevée par les derniers Anarchistes survivants. Elle est la nièce d'Ace Anarchy et a juré de se venger des Renégats, responsables de la mort de sa famille. Pour ce faire, elle décide de les détruire de l'intérieur en rejoignant leurs rangs. En parallèle, nous faisons la rencontre d'Adrian, le fils de deux des premiers Renégats, qui va se lier d'amitié avec Nova sans soupçonner sa double identité... 


Ok, je vous l'accorde, l'histoire fait vraiment penser aux X-men, avec les Anarchistes qui pourraient être l'équipe de méchants de Magnéto et de l'autre côté, les gentils Renégats qui entraînent de jeunes recrues à contrôler leurs pouvoirs comme Charles Xavier. Mais Le Gang des Prodiges est une histoire riche, profonde, qui n'a pas à souffrir de la comparaison des super-héros de Marvel. 

© Sorcaron
Comme chaque personnage a plusieurs identités, j'ai eu peur d'être complètement larguée. Heureusement, Marissa Meyer (ou ses éditeurs) a pensé à tout et présente avant que l'histoire ne commence, un listing de tous les Prodiges, avec leurs alter-ego et leurs pouvoirs. Au début, c'est tout de même facile de les repérer : Anarchistes et Renégats ne se mélangent pas, chaque camp à son idée bien précise de la justice. Mais lorsque Nova rejoint les super-héros, ses certitudes vacillent. Elle fait équipe avec Adrian et trois autres de ses partenaires qu'elle a déjà affronté - et blessé. Elle qui a toujours vu les Renégats comme des dictateurs qui se plaisent à parader dans leurs costumes moulants de super-héros devant les gens ébahis doit remettre en question ses certitudes. Infiltrée dans leurs rangs, elle découvre que ce ne sont pas des parangons de justice, mais simplement des hommes et des femmes souvent dépassés par le pouvoir.
En effet, les Renégats se sont retrouvés à la tête d'un monde à reconstruire et n'ont pas su être sur tous les fronts. Ils n'ont pas pu achever tous les chantiers commencés, que ce soient des chantiers physiques comme des bâtiments ou des infrastructures, où alors des chantiers davantage administratifs. Ils sont doués pour faire du grand spectacle, mais pas pour poser les bases d'une société solide. Alors, sont-ils si « gentils » que ce qu'ils montrent ? Et les Anarchistes dans tout ça, se battent-ils encore au nom d'Ace Anarchy, qui voulait d'un monde où les Prodiges ne seraient plus menacés, ou n'œuvrent-ils pas désormais dans leur pur intérêt personnel ? Dans Le Gang des Prodiges, la frontière entre le bien et le mal n'a jamais été aussi floue.

© Henry John

Tu ajoutes à ces questions morales des personnages attachants qui ne cessent de réfléchir sur leur monde, des combats d'anthologie et des révélations finales qui te donnent envie de hurler et tu as là un livre addictif et passionnant. Je pense que si j'avais lu Le Gang des Prodiges quelques années plus tôt, j'aurais passé des heures à dessiner dans les marges de mes cahiers de cours Nova, Adrian et tous les autres personnages. Les livres de Marissa Meyer sont à haut potentiel de fan arts et de fan fictions ! Cela s'explique par l'implication émotionnelle énorme que tu ressens pendant ta lecture. Tu vis intensément chaque action de l'histoire, et comme tu es en même temps du côté des « gentils » et du côté des « méchants », tu ne sais jamais quel camp encourager et... argh ! C'est diablement bien mené, quoi ! Je suis déjà en manque de cet univers et l'attente du second tome va être très, très longue. En attendant, je ne peux que t'encourager à te laisser emporter par Le Gang des Prodiges. Moi, il m'a réconcilié avec les publications de PKJ et m'a fait vivre une expérience de lecture folle. Alors, tu attends quoi ? File le lire, vite !


Le Gang des Prodiges de Marissa Meyer • USA Renegates 2017• Traduction de Guillaume Fournier PKJ • 19,90 € • 599 pages • février 2018

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